‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 321 sur 505 · Bôttiger, p · texte numérisé non relu

Bôttiger, p

'.. Au début d'août, W. indiquait à Gessner qu'il y travaillait depuis quelques mois. Le Xachbericht des Herausgebers est daté du 2 oct. 1763 (Cf. Proleg., V, p. 7). A ce moment, la 2° partie était déjà fort avancée (D. Br., I, p. 1 s.). Après le refus de Gessner, W. s'entendit avec le libraire d'Ulm Fr. Bartholomai, qui fit paraître le 1" vol. au début de mars 1764 (A. Br., II, p. 222) et le 2e en avril. Le titre primitif était : Der Sieg der Natur ùber die Schwàrmerey, oder die Abentheuer des Don Sylvio von Rosalva, eine Geschichte, wo ailes Wunderbare natiirlich zugeht. Le conte : Geschichte des Prinzen Biribinker parut aussi en éd. séparée (Cf. Irène WUnderlich, Besondere Beilage des Staatsanzeigers f. Wurlemberg, 1r août 1919, n° 7, p. 1 !j ss. et la réimpression de ScHi'DDEKOPF, llJ04).

sans miséricorde pour avoir fait rire les honnêtes gens » 1, il fut imprimé à Ulm « dans le plus grand secret » 2. A Warthausen même, Wieland n'osait d'abord trop l'avouer, soit en raison du ton désinvolte, surtout de la deuxième partie, ou du persiflage d'une mode littéraire, par lequel certaines personnes de Warthausen pourraient se sentir visées 3.

Qu'elles aient leur part de responsabilité dans le badinage féerique, qui sert de prétexte au conte, cela apparaît dans certaines lettres que Wieland adressait alors au château 4. Il ne pouvait se dispenser de jouer sa partie dans un batifolage romanesque, dans lequel se déguisait la galanterie. Comme « chevalier à la triste figure, traînant l'équipage de son âme », ou bien comme poète ensorcelé, transporté de sa « néphélococcugia » au « jardin des Hespérides » par de bonnes fées qui en avaient la garde, il tenait son rôle de plaisantin pour faire sa cour, ou donner la réplique soit au Père Pangloss, le chapelain, soit au chevalier Boulmier, ou à quelque hôte de passage.

Pour turlupiner la comtesse Schall ou amuser la comtesse Max, il relisait son don Quichotte, et fouillait le répertoire des pastorales et de la littérature mondaine de l'époque de Rambouillet, se barbouillant l'esprit d'inventions chimériques et de frivolités libertines, et se prêtant à une mystification plus ou moins délurée,

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