‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 323 sur 505 · D. Br., I, p · texte numérisé non relu

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et des Quatre Facardins de Hamilton, c'était une entreprise des plus engageantes pour l'auteur iVAgathon. Le sérieux de la satire littéraire masquerait l'impertinence de la satire morale.

En la rendant instructive, en se moquant « de quelqu'un ou de quelque chose », il ajouterait « un peu de ce que vous savez pourtant », comme s'exprimait le sultan Baham, dans Ah! quel conte! l C'était façon de ridiculiser la crédulité elle-même, et de faire enrager les dévots avec les prudes 2. Ce qu'Agathon cherchait à fonder psychologiquement, don Sylvio allait le démontrer par l'absurde : le retour de l'esprit sur le monde sublunaire, le désenchantement du cœur, ne s'y effectueront pas moins « par les moyens les plus naturels ». « Croyez-moi, fait dire l'auteur à don Gabriel, son philosophe, les inventeurs de contes de fées et de la plupart des histoires merveilleuses n'ont pas plus l'intention d'en faire accroire aux personnes sages, que je ne l'ai moi-même... Mon propos est d'amuser l'imagination, et je vous assure que je préfère les contes aux systèmes métaphysiques 3. » Plutôt que de heurter les préventions, le conte les démasque par la caricature. « En feignant de badiner et de faire le fou, on philosophe mieux que Chrysippe et que Créantor 4. »

Il était évidemment plus aisé de guérir le don, quiehottisme du cœur que celui de l'esprit, de lutiner l'amour chimérique, que de bafouer la divagation de la raison dans sa protestation contre un monde qui l'emprisonne. Si Wieland tenait de sa propre expérience la matière de son roman, il avait en outre l'exemple de Fielding, notamment, pour tourner contre le sentimentalisme les

[. Crébillon, Œuvres, IV, p. 12.

2. La parodie du conte de fées a été généralement trop considérée par la critique comme formant l'objet principal de D«n Sylvio, alors qu'elle n'est vraisemblablement que le prétexte de la satire morale, (if. Grubir*, 11, p. 348 ss.; Gervini -., Geseh. der deutschen Dichtung, 4. Aufl., IV. p. 253; et encore : Strich, Die Mythologie in der deutsch. Lit. von Klopsiock bis Wagner, I, p. 89 ss. ; K. O. Mayer, o. c. ; R. Furst : Die Vorlauferd. modernen Novelle im 1S. Jahrh., Halle, 1897, p. 72 SS.

Il n'y avait, d'ailleurs pas lieu de détruire en Allemagne « la tyrannie des fées ». Les traductions des principaux recueils français de contes commençaient à peine à les vulgariser. Les contes de Hamilton ne seront traduits qu'en 1777; ceux de Crébillon en 1782. « Le cabinet des fées » n'était pas encore répandu dans les milieux bourgeois.

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