A. Br., Il, ],. 247. D. Br., !, p. •
pour son « outrance diabolique » \ s'il fait, dans la seconde édition, quelques concessions à la morale 2, Wieland tient bon contre les protestations pusillanimes. Que ces récits badins puissent inquiéter un vieux marié, et un sage comme Zimmermann : « Dieu me pardonne ! lui écrivait-il ironiquement, quel ne sera pas leur effet sur des garçons de dix-huit ans, des filles délurées, et des veuves inconsolables!... J'en frémis.3... » Au vrai, Wieland les défendait envers et contre tous, en y « engageant sa tête » 4. Ne songeait-il pas à les compléter par un Filet de Vulcain?b Sauf le Jugement de Paris, il tire plus de fierté des trois autres contes que de tous ses ouvrages6 : il les justifierait au besoin devant un aréopage littéraire. Lui reprochera- t-on de ne pas écrire des contes moraux à la Marmontel pour dames énervées ne supportant pas la gaîté bruyante? "' Mais c'est aux gens du monde qu'il s'adresse, aux connaisseurs, vis-à-vis desquels il n'a pas à rougir de ce qu'un Pline pouvait se permettre à Rome, ainsi que des magistrats très respectables; de ce que, au siècle précédent, se permettaient Hamilton et Prior, sans en être moins honnêtes que les « bonnets de coton » moralisateurs de son époque 8. Si les Suisses et même les Berlinois prennent des airs guindés9, il y aura assez de gens de goût pour les comprendre. Ses contes étaient-ils plus que des « tableaux satiriques » et véridiques des mœurs qui régnent dans le grand monde, des caractères qui appartiennent à la muse comique, en des situations où ils se révèlent le mieux?» Si j'avais fait l'homme, ajoutait Wieland, les reproches me toucheraient; mais c'est Dieu qui l'a fait ainsi 10 ».
1. Bôttigf.r, p. 168. Ce caractère de « teuflische Caricatur » viserait une certaine comtesse (la comtesse Schall?). Cf. Hassencamp, p. 12;.