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Tout en se défendant de vouloir « jeter de J'huile sur le feu », Wieland se garda bien, pourtant, d'ajouter au scandale par une apologie dont le paradoxe ne lui échappait pas. Avait-il compté sur Waser, le traducteur de Lucien, ou même sur le pasteur Vôgelin, qui lui avait été présenté par Gessner 1, il ne se risquera lui-même que dix ans plus tard, sinon à les justifier par la corruption du monde auquel ils étaient destinés, du moins à excuser la faiblesse qu'il avait eue en les produisant 2. Encore s'était-il gardé de la licence d'un Rochester ou d'un Grécourt. Mais était-ce sa faute, si « le péché revêt dans la nature des dehors charmants pour l'artiste, n'en déplaise aux Xénocrates chagrins »?3 C'était reconnaître que l'esprit y avait part plus que l'effervescence sensuelle.
Qu'on s'imagine, expliquera-t-il à son biographe, un jeune homme -d'une taille au-dessus de la moyenne, efflanqué, de constitution apparemment malingre, mais quand même en bonne santé, bien vivant, ignorant toute espèce de débauche, ignorant la volupté, de tempérament sobre, d'esprit toujours alerte, d'imagination très ardente, facile à s'enflammer, d'une sensibilité émotive, un cœur rempli d'amadou, de mœurs pures4... »
Voire ! Qu'End y mion se ressente de l'irritation causée par sa liaison avec Bibi, les récits suivants n'ont plus cette excuse. S'ils conservent quelque ferveur erotique, ils procèdent moins de la joie esthétique, comme les Élégies romaines, que d'une ironie gouailleuse et provocante, d'un certain sadisme littéraire, auquel n'était pas étrangère la société qu'il avait sous les yeux 6. Si Pline pouvait dire : « Il y a des heures où j'aime rire, plaisanter, m'amuser; bref, pour
1. 1i. Br., I, p. 10, 50 s., 74. 77; Archiv f. Litgesch., Vil, p. 512.
2. Unterredung zwischen Wieland und dem Pfarrer. Merkur, 1775 (H. 32). 'Cette apologie a été provoquée par les attaques du Musenalmanacli de Gottin-
gen, 1775, p. 209, 230.