‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 342 sur 505 · H. XI, p · texte numérisé non relu

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3. H. XI, p. 7 7. Van Loo a été plus tard remplacé par Boucher.

crétion avec la crudité et la surcharge qui pouvaient choquer ailleurs. L'imagination s'y trouve transportée, comme dit Heinse, dans le « Temple des Grâces et des Sirènes s1; c'est-à-dire dans le climat des salons, où la sensualité se glisse dans l'équivoque et le sous-entendu. Par contre la satire perd de sa saveur et de sa virulence. Ramené aux formes de la société, le comique passe dans la conversation, dans le libertinage de l'esprit. En se départant de l'outrance pittoresque du travestissement, il s'affine et se nuance des afféteries de la vie morale. Que, dans le cadre de l'Olympe, la civilisation soit réduite à une échelle ridicule; qu'il soit d'un effet humoristique de voir Vénus se poudrer à sa coiffeuse, les déesses prendre le thé en potinant, Iris broder, prête à répondre au coup de sonnette de sa maîtresse, Jupiter noyer son ennui dans le punch, c'est par l'allusion à la vie psychologique, plus qu'à la parodie de la mode et des convenances, qu'il agit surtout.

En renonçant aux effets grossiers de la caricature 2, Wieland s'obligeait à gazer, à suggérer par l'attitude et l'intonation, à évoquer sans dire, ce qui est le propre du conte poétique. Saisie à son départ, dans le trouble de l'hésitation, la sensualité conserve quelque naïveté d'expression; elle se manifeste par le mouvement, par « le charme secret que la raison ne connaît pas », qui fait passer l'émotion « jusqu'au bout des doigts »3. C'est ainsi que Diane sent ses jambes se dérober, que Ganymède pose ses lèvres brillantes sur le genou de Junon 4. Eros, provoqué, remet la flèche dans son carquois, regarde le soleil et rit6. Le pinceau est remplacé par le crayon, plus insinuant, plus désinvolte, qui, comme dit Crébillon, « rend le mouvement aux sens et conduit au vrai des choses »6. Ce qu'il montre « d'après nature », l'artiste l'estompe délicatement, de façon à n'effaroucher que les jeunes filles qui,

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