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besques du dessin, le goût s'attache à la facture et jouit des qualités de l'expression, autant que de l'ironie « qui dévoile les petits secrets du cœur féminin, secrets qu'il n'y aurait pas lieu de cacher avec tant de soin, si le monde avait conservé l'innocence homérique ». Wieland taquinait bien encore les nymphes et les fées, mais il le faisait sans malice, avec un sourire de gratitude « pour le sexe aimable de Vénus et des Grâces » 1.
Certes, Crébillon et Hamilton restaient ses maîtres 2, même si l'Arioste proposait à l'imagination sa vision ensoleillée, sa composition luxuriante, la profusion de ses figures et de ses inventions. Cette prodigalité du spectacle, expression d'une vie héroïque et fabuleuse issue de l'imagination méridionale, était aussi déconcertante pour Wieland que la truculence shakespearienne. De cette inépuisable trame d'aventures et d'enchantements, de cette décoration voluptueuse et folle, il ne goûtait que les détails; sans s'abandonner à l'étourdissante fantasmagorie, il savourait la parodie de l'épopée chevaleresque et du rêve mystique; mais il était trop prévenu contre « le romantisme », pour se prêter à la mystification, trop philosophe pour se complaire à la pure fiction. Il lui fallait un thème allégorique à costumer, un prétexte à la mise en œuvre du merveilleux, dont il ne sentait plus le prestige légendaire3, et qui n'avait plus à ses yeux qu'un caractère pittoresque et ridicule. Qu'il utilise les accessoires traditionnels de la féerie : anneau magique de Merlin, épée adamantine, talismans, hippogriffes, prodiges, sortilèges, il ne se transporte pas dans le pays merveilleux de la fable. Il combine des motifs, il parodie, par exemple, par le duel d'Idris et d'Ithyphall, celui de Rinaldo et de Sacripant, par l'idylle de Zerbin et de Lila, celle de Médor et d'Angélica, par la délivrance de Déjanire,