D. Br., I, p. 48. Cf. Idris, I, str. 5 (H. XVI, p
2. En 1777, Wieland déclare à Merck (Wagner, II, p. 109) qu'il a lu les Contes de Hamilton une vingtaine de fois, toujours avec le même plaisir. (Cf. Vierteljhrschr. f. Litgesch, V, p. 497 ss., où se trouvent relevés les motifs les plus caractéristiques de la féerie.)
Idris devrait son nom au conte de Gueulette, Les Sultanes de Guzarair (Cabinet des Fées, vol. 23) ; Zénide le sien à Hamilton (Zeneyde).
3. En 1772, Wieland compose un ballet Idris et Zénide pour la duchesse de Weimar (Cf. Vierteljhrschr. f. Litgesch., I, p. 379 à 381). Euphorion, I, p. 524 ss, le texte dans Aix, p. 326 ss.
l'aventure de Bradamante dans le « château enchanté »; mais il construit un conte éducatif dans le genre de Biribinker.
Ne se serait-il pas plutôt inspiré de la Reine des Fées, que Wieland ne mentionne pas? Idris à la conquête de Zénide, n'est-ce pas une réplique à la recherche d'Amorette, cachée dans le temple de Vénus, par Scudamar? De même que Belphébé n'est sensible que pour Artigal, Zénide est destinée au héros qui saura animer sa statue. Le château de la volupté dans lequel Idris délivre Déjanire pourrait aussi bien rappeler le palais de Busirane ou les jardins d'Acrasie, que le château enchanté où était détenu Ruggiero. Les épreuves de Britomart à Casteljoyeux ressemblent à celles d'Idris chez la belle Salamandrine... Mais, outre ces motifs, qui sont du domaine de la féerie, le poème de Spenser offrait à Wieland, mieux enchaîné que dans le Roland Furieux, un scénario pantomimique pour son Idris 1. Son symbolisme moral lui était plus accessible que le tempérament exubérant de l'Arioste. Aussi bien Wieland a-t-il réduit, quoi qu'il prétende, le déploiement allégorique à une suite assez restreinte de situations, que l'on jugeait encore trop schématiques et ternes, sans la lumière dorée de la légende 2.
Ainsi que chez Belphébé et Amorette, contrastaient le vœu virginal et l'aspiration du cœur, Idris et Ithyphall s'opposent l'un à l'autre comme l'amour mystique et l'instinct, le culte de l'idéal et la volupté. L'un est épris de beauté spirituelle « plus noble que ne la concevrait un Titien, plus charmante que le rêve le plus délicieux »3; l'autre, nouveau prince de Trébizonde, est doué d'un tempérament de faune et d'une valeur irrésistible. Pas de victoire qui lui coûte plus d'un soupir. Fort de son expérience, Ithyphall tient que « c'est par la flamme et non par d'indignes larmes, qu'on amollit et fond le cœur des belles ». Là où Idris cherche la déesse, Ithyphall n'en veut qu'à la femme. « Qu'elle connaisse seulement le plaisir, et vous verrez combien de temps
1. Klotz, dans la D. Bibl., Il, p. 478 à 495. Cf. Jacobi à Gleim, 12 et 25 oct. 1768, dans Prôhle : Lessing, Wieland, Heinse, p. 318 ss. :
« In dem Idris sind mir die meisten Erdichtungen zu leer; ich suche noch etwas hinter dem schônen Gewebe, das ich nicht finde. »