A. Br., I, p. i
6. Cli. V. v. 551 ss. (A I, p. 111). '. Ch. II, v. 5<J5 ss. (A I, p. 51).
8. A. Br., III, p. 382. Cf. A III. y.. 296. [Vorberichf aux Poetischc Schriflen, 1761.)
piétistes et ses ombres nostalgiques, son horizon spirituel de la dix-huitième année n'a pourtant rien de chargé, ni de sombre. « Combien aisé le chemin par lequel la vertu nous conduit, quand il est parcouru avec une gentille amie au bras * ! »
C'est bien déjà le ton de son âme, même si l'effort apparaît trop, si le savoir écrase la fantaisie. Qui l'étudiant ne connaît-il pas des philosophes anciens et modernes, qui ne cite-t-il pas parmi les savants et les naturalistes, jusqu'à Halley, Huygens, ou Linné? 2 Cette érudition trouvait grâce alors auprès des lettrés, elle pouvait même servir le débutant, mais ce n'est pas ce dont Wieland tirera vanité, quand il se flattera d'avoir, pour cette première création, fait « œuvre d'homme »3. N'avait-il pas désavoué « l'enfant né avant terme », regrettant sa « précipitation, qu'il jugeait impertinente »?4 Mieux que Bodmer, l'auteur sait quoi tenir de son syncrétisme, qui, avec sa prétention, n'est quand même qu'une improvisation, une manière de réussite, quelque ardeur qu'il y ait apportée.
Mais comment ne pas admirer la vigueur de ce jeune esprit, et avec quelle sûreté il a pris d'emblée position au cœur du débat philosophique de l'époque, du côté de la culture et de l'humanisme? Si l'on fait la part de d'enthousiasme sentimental, il n'est pas si loin de la philosophie de la nature d'un Sulzer 5, et du déisme