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avec une foi soutenue dans l'amour. Toujours déçu, et cédant toujours aux charmes trompeurs, en chacune des filles de Bambo il croit trouver son idéal : auprès de Dindonnette, qui le ravit par sa sottise, de Colifîchette, qui l'enjôle par sa coquetterie, de Blaffardine, qui l'attire par sa blondeur, de Chatouilleuse, qui le réveille de son enchantement, de Léoparde, qui le séduit par sa beauté. Pris à tous les masques, il errerait encore, « dans le paradis des fous », s'il ne trouvait enfin dans une chaumière la vertueuse et spirituelle Fleur d'Épine. En cette humble enveloppe, aurait-il le bonheur vainement cherché sous de flatteuses apparences? Mais son enthousiasme peut comporter autant d'illusions que la sensualité. L'amour n'est pas plus profond pour être né d'un enchantement suscité, dans la tendresse du crépuscule, par « un chant qui ferait fondre un rocher, pleurer un tigre, arracher l'âme au corps et réveiller les morts ». Amadis croit aimer pour la première fois, parce qu'il éprouve une émotion nouvelle. « Crois-moi, Olinde, le monde dût-il me prendre pour fou, tu es infiniment plus belle à mon cœur que toutes les poupées avec lesquelles j'ai joué jusqu'à présent 1. » Mais les yeux resteront-ils toujours fermés? Le coeur avait-il été dupe de l'imagination, il est aussi bien possible que les sens le soient maintenant du cœur. Si, pour la logique du conte, le charme physique vient s'ajouter par un coup du sort au charme spirituel, et si Olinde se trouve transformée en Belladone (Fleur d'Épine), comment ne pas craindre qu'avec la beauté ne ressuscite la futilité, et que, reprise par le monde, Belladone ne redevienne la plus insupportable des filles de Bambo? Ce qu'elle devait à la solitude et au malheur disparaîtra peut-être, et Amadis sera frustré de sa sage résolution.
Aussi bien est-il fou de chercher « au pied de l'Atlas » ou dans un « château enchanté », « plus que le masque de la grâce naturelle, et de se laisser prendre aux artifices de la coquetterie et aux grimaces de la vertu ». Antiséladon ne regrette-t-il pas, dans ce siècle corrompu, l'âge d'or du Lignon où, pour un baiser, on bannissait un amant éprouvé? 2 Que la faute en soit à l'un ou à