‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 364 sur 505 · X, str. 13 s. (H. XVII, p 96 s · texte numérisé non relu

X, str. 13 s. (H. XVII, p 96 s

cœur, comme pourrait le faire Yorik, l'ironiste ne veut d'ailleurs s'en prendre qu'au costume ou au masque 1. Mais le masque couvre-t-il visage plus édifiant? Qu'il mette en déroute par la bonne humeur et la tolérance « le vieux dragon qui nous incite au mal » 2, l'hypocrisie et la chimère, l'auteur ne ménage pas les prétentions rationalistes 3. Il concède à la nature ses faiblesses, à l'esprit sa marotte, la part de singularité qui appartient à chacun. S'il nous amuse, don Quichotte n'en est pas moins sympathique. Wieland se moque du préjugé moral et de la convention, mais il n'en rend pas responsable la nature humaine; il le fait avec le détachement souriant de la fantaisie. C'est une turlupinade sans aigreur et sans attendrissement, qui ne touche qu'aux dehors de la vie, aux formes frelatées que lui donne la civilisation. Des divertissements que Tulpan offre à ses hôtes, son goût se détourne vers un plaisir moins délicat : un repas frugal, pris avec un ami « socratique », sous des arbres qu'il aurait plantés, et arrosé d'une coupe couronnée de roses 4. Au lieu du mélodrame des « Nouveaux Marsyas » qui étourdit l'oreille, la mélodie de Galuppi, de Hesse et de Pergolèse, « ce fils de la nature », qui élargit la poitrine et transporte l'âme 5.

La poésie ne se parodie-t-elle pas elle-même dans cette fiction bouffonne, qui laisse voir les ficelles de sa composition, les artifices de l'illusion? « Le père Homère » n'est pas plus ménagé que l'Arioste, alors que le poète renvoie les muses au ciel 6, pour s'en tenir à la réalité, assez drôle par elle-même, dès qu'on la considère du point de vue qui convient 7. L'imagination, devenue lucide et froide, veut rester dans la vérité. « Qu'on n'accuse pas un pauvre diable de poète des péchés qu'il n'a pas commis, alors qu'il nous amuse et s'emploie à nous rendre sages en plaisantant. Son rôle est de montrer à chacun son visage, qu'il soit beau ou qu'il soit laid » 8. S'il enfreint les convenances, il ne laisse pas de soulever

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