‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 371 sur 505 · A. Br., II, p. 247, 250, 276; D. Br., I, p · texte numérisé non relu

A. Br., II, p. 247, 250, 276; D. Br., I, p

8. Sur les sources de Musarion, cf. Steinberger, o. c.\ Asmus : Die Quelle» von Wielands Musarion (Euphorion, V, 1898); Minor : « Zeitsclirift fiir d. Philologie, 19, 1887, p. 228 s.; Weizsàcker : a Correspondenzblatt fur d. Gelehrten und Realschulen Wùrltembergs, n° XXIX, p. 208.

à l'Encan de Lucien, dans laquelle elle devait jouer un rôle d'arbitre, sinon de malicieuse provocatrice, pour mieux constater, ainsi que le Lycinos de Lucien, que « les princes de la philosophie se font, par leurs disputes, des pitres qui amusent l'assistance : Je me disais à moi-même : Est-il donc vrai que la science détourne de la rectitude du jugement ceux qui ont l'œil fixé sur les livres et les réflexions qu'ils renferment? » Édifié par la dispute de ses maîtres, Timon-Phanias tournait le dos aux philosophes pour suivre l'hétaire. Que l'idée du scénario ait été suggérée, plutôt que par Aristenète ou Alciphron, comme l'auteur le donnait à penser l, par Y Aima de Prior 2, il importe peu. Du poème didactique anglais pouvait lui venir le prétexte satirique de la disputé, mais non pas la conclusion ni le mouvement dramatique; pour les procédés comiques et le pittoresque, il n'en restait pas moins tributaire de Lucien.

Comme Wieland n'a donné à Musarion sa forme définitive qu'après l'achèvement d'Agathon, dans le sentiment rasséréné qu'il trouvait à son foyer3, il a pu tempérer de bonhomie la « critique du platonisme », et relever la charge par une souriante vision d'idylle. A Musarion il attribue alors, avec le charme qui triomphe de la sophistique, une sagesse limpide qui humilie les deux philosophes, « images de la plupart de ceux qui affectent ce titre »4.

1. Dans les notes, et plus tard à Bottiger (Bôttiger, p. 150, 154), Wieland aurait trouvé dans Alciphron (1, 14) le motif de l'amant qui fait le philosophe par dépit et revient ensuite à sa maîtresse. (Cf. Minob, art. cité, p. 238 s.) Pourtant il s'attribuait volontiers l'invention du sujet. (Lettre à J. G. Jacobi, dans Martin : Ungedruckte Brieje von und an J. G. Jacobi, Quellen und Forschungen, 111 1874, p. 76.) Musarion serait « ein Werklein, wozu unter alten und neuen kein Muster oder Paradigma bekannt ist. »

2. Wukadinovic, o. c, p. 54 s. ; cf. A. Br., II, p. 250 s. : Musarion. eineArtvon comischem Lehrgedicht im Goût der Aima von Prior, welches die Bekehrung eines Platonikers und die Widerlegung des ganzen phantastischen Systems dièses weisen Mannes enthalten soll.

3. Le premier chant a été communiqué à Gessner en 1766, comme échantillon du poème donné alors comme terminé (D. Br., 1, p. 33). Le manuscrit fut envoyé à Zimmermann en janvier 1767 (cf. A. Br., II. p. 274). Il revint de Zurich en septembre de la même année (D. Br., I. p. 71) et lu t communiqué & Sophie La Roche en novembre (D. Br., I, p. 111). Cf. Horn, p. M s. Il parut l'année suivante (oct. 1768) chez Reich à Leipzig, sous le titre : Musarion oder die Philosophie der Grazien, ein Gedicht. Cf. An hiv f. Litgesch., VU, p. 513, et Buchner, o. c, p. 31.

Page 1