‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 375 sur 505 · Musarion, III ; Hempel, IV, p · texte numérisé non relu

Musarion, III ; Hempel, IV, p

2. Voir, pour ce développement, l'étude de Raymond Bayer : L'esthétique de la Grâce. Paris, 1933.

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peu plus de liberté d'agir selon vos inclinations et d'être à tout moment et en toute occasion ce que vous vous sentez disposée d'être... vous rendrait la plus aimable et la plus estimable des femmes... » écrivait-il à Sophie qui, de son côté, l'aidait à « unir la sensibilité du cœur à la stabilité de la raison et à la modération de la sagesse » l. Aussi prête-t-il à Musarion « ce reflet de sagesse dans la beauté », la simplicité et l'aisance, qui font oublier la politesse imposée, et restaurent dans la conscience la dignité de la nature 2. Le mérite de Musarion, c'est précisément cette ingénuité de la pensée qui sauve du formalisme vain, et réintègre la morale dans les inclinations, remplaçant la règle par le contrôle du goût. Elle rend la spontanéité au sentiment. A l'âme redevenue innocente elle enlève l'angoisse et le devoir, en lui offrant la paix des champs, ou plutôt « les charmants déserts » de Gessner, que Wieland contemplait avec « un étrange mélange de délectation et de mélancolie » 3.

Quelle meilleure réfutation du dogmatisme hargneux que ce souriant détachement parmi les fleurs de la vie? A la joute passionnée des deux prophètes Musarion préside avec une souveraine ironie. Laissant l'un s'enivrer de son orgueilleuse ataraxie et l'autre s'extasier dans les bras de son esclave, elle ramène Phanias des prétentions de la raison à l'aimable sagesse d'Horace, l'incitant à « jouir avec satisfaction des biens que la nature et le sort nous accordent, à se passer sans peine des autres, à considérer toutes choses sous leur meilleur aspect, sans chercher à découvrir ce que Jupiter a la sagesse de nous cacher..., à ne jamais tenir rigueur à autrui de ses folies, mais d'en rire ainsi que des siennes..., à fuir l'hypocrisie et à ne pas se vanter de sa vertu, ni à s'échauffer pour elle, mais à la pratiquer sans attendre de récom-

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