Archiv f. Litgesch., IV, p
i. Suphan, I, p. 474 s. Wieland avait deviné l'importance de Herder. Archiv f. Litgesch., VII, p. 512, 515; D. Br., I, p. 1/8, 180 s.; A. Br., II, p. 283.
5. Aspasia, oder die platonische Liebe (d'abord intitulée : Aspasia, eine griechische Brzâhlung), ne parut qu'en 1773, dans le Merkur (II, p. 120 ss.); le conte est donné pour un ouvrage déjà ancien, resté depuis plusieurs années dans son tiroir (H. XI, p. 95 ss.).
u alors que rien ne retient et que tout émeut l'imagination », le mage Alcaeste contait l'aventure merveilleuse de la fille du ciel : son enfance folâtre, délicieuse de candeur et de pétulance, prête à tous les plaisirs et à toutes les chimères; puis, au sortir du demisommeil de l'innocence, alors que tout en elle était encore ingénuité et attente, indétermination et virtualité, l'éveil de la conscience et sa formation, sous l'égide des Muses et des Grâces, dans le paradis des rêves; puis, comment lui vient, dans une illumination mystique, l'appel de son dieu; comment elle surprend sa duplicité et enfin se décide à son destin terrestre.
Des quatre chants, plus ou moins complètement exécutés, il ne subsiste que des fragments, pour la plupart incorporés à d'autres compositions 1. C'est ainsi que l'éducation reçue par Psyché, par les soins des Muses et des Grâces, a trouvé place dans un « petit ambigu », que Wieland écrivit en 1770, sur un plan déjà ancien 2, pour une Danaé plus ou moins imaginaire, c'est-à-dire pour la comtesse de Wartensleben, une dame de la cour de Mayence3.
11 est assez vraisemblable que, sans le recueil de Meunier de Querlon, qui venait de paraître 4, Wieland n'eût pas voué aux
1. Bruchstùcke von Psyché, einem unvollendel gebliebenen allegorischen Gedichte. (H. XI, p. 81 ss.) D'après les indications du Merkur, 1 774, où parurent les deux fragments les plus importants, d'autres auraient été incorporés dans Idris, Amadis, Aspasie, Combabus. Un fragment avait paru à la suite des Grâces, en 1770, sous le titre : Psyché unter den Grazien ; dans le même poème, l'évocation de l'Age d'Or, au premier chant, provenait de Psyché.
2. Hassencamp, p. 189, 213, 225, 236. En 1771 Wieland envisageait une réédition des Grâces et de Musarion, sous le titre La Philosophie des Grâces, dédiée à cette personne, amie de Dalberg, récemment nommé Statthalter d'Erfurt (A. Br., III, p. 71). Sur la comtesse de Wartensleben, cf. Hassencamp, p. 189, 224 s., et A. Br., III, p. 61. Cf. Buchner, o. c, p. 41 s.
3. Die Grazien, Leipzig, 1770. La dédicace à Danaé est datée de 1769. Le sujet était déjà compris dans le programme des Contes de 1764. Cf. D. Br. I„ p. 19, 39; A. Br., II, p. 249, 355; Horn, p. 132 s.; Hassencamp, p. 213 ss.
Voir Monacarda : Die Grazie di C. M. Wieland, studi di Filologia moderna,
4. Les Grâces (1769) (Meusnier de Querlon) contiennent notamment la traduction de la XIV1, Olympiade de Pindare (par l'abbé Massieu), avec une dissertation sur les Grâces; une Ode (au duc de Vendôme) de Houdart de La Motte ; une Épître aux Grâces de L. M. C. D. B. (Cardinal de Bernis) ; un conte anacréontique, traduit librement de Gerstenberg ; un extrait du Ballet des Grâces (M. Roy); Les Grâces vengées (traduit de Metastasio); Les Grâces, comédie de Saint-Foi; une lettre du chevalier de Méré, sur la Beauté et la Grâce; un extrait de l'article sur la grâce de l'Encyclopédie (Voltaire et Watelet); Criton ou dialogue sur la Grâce et la Beauté (traduit de l'anglais); Réflexions sur la Grâce
filles de Vénus un culte aussi fervent, qu'il n'eût pas fait d'elles « les filles de son esprit et de son cœur » l. Ne prétendait-il pas vouloir « les servir jusqu'au dernier moment ? » 2 Elles présideraient non seulement à ses écrits, mais encore à sa vie elle-même. Ne pouvant les sculpter comme Socrate, ni les attester, comme Winckelmann, dans l'œuvre des artistes, il leur rend hommage d'après leurs thuriféraires les plus qualifiés. Qu'il feigne de récuser les Donat et les Bernis 3, pour ne s'en rapporter qu'aux témoignages plus certains d'Anacréon et de Xénophon, ou encore de Platon, c'est pure ingratitude. Il connaît si bien les Grâces françaises que, sans égard à la tradition antique, il fait naître les siennes, sur la foi de Massieu, « d'un dieu qui dispense la joie au monde et d'une déesse qui fait les délices du ciel et de la terre »4; qu'il les habille avec Saint-Foi du costume arcadien pour leur première rencontre avec le petit Amour, qu'elles surprennent dans son sommeil, balancé comme un papillon sur les fleurs. Wieland enjolive le mythe de festons badins, rehausse la noble nudité, que respectait Voltaire, d'une gaze légère « comme le brouillard argenté dont le zéphir, d'une main folâtre, cachait la rougeur de Luna, tandis qu'elle contemplait le beau pâtre endormi »5. Il les fait s'ébattre, avec Sannazzaro et La Fontaine, dans un paysage d'idylle. Invoquant le pinceau de Boucher et de Watteau, il voudrait leur donner « la beauté idéale dont parle Winckelmann avec un enthousiasme qui, dans sa bouche, a tant de vérité » :
Cette forme unie, comme surgie à la façon d'une idée et projetée en un souffle, cet air sublime, ce sourire épanoui sur tout le visage, ce charme de félicité qui transparaît comme à travers un voile, et qui annonce immédiatement la Grâce 6.
dans les ouvrages de l'Art, de Winckelmann ; les Pensées sur la Grâce, deZANOTTl ; le Discours sur la Grâce, du P. André...
Pomezny, o. c, p. 186 ss., montre que W. a très probablement utilisé le recueil, que Gleim lui signale d'autre part au reçu de son poème (Prôhle, o. c, p. 84). Monacarda (art. cité) pense surtout aux Pastorales de Longo Sophista, à l'Arcadia de Sannazzaro, aux Amours de Psyché de La Fontaine.