‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 384 sur 505 · L. inéd. à J. G. Jacobi de 1771. (Fribourg · texte numérisé non relu

L. inéd. à J. G. Jacobi de 1771. (Fribourg

fluide, qui méritait la désapprobation de Diderot, quand il en jugea d'après la translation de Junker et de Mme d'Ussieux 1. Elle n'en plut que davantage à la belle société, notamment à Vienne, où le marquis de Boufïlers la recommandait 2. Si sensible pourtant aux compliments parfumés, Wieland ne se laissait pas abuser sur les mérites d'un genre dont, mieux qu'un autre, il connaissait l'artifice. Ayant « vengé Jacobi »3, d'une critique rigoriste, il renonça l'année suivante à refondre son ouvrage, qui lui était devenu par endroits « insupportable de platitude » 4.

Par l'exemple de son ami, il jugeait mieux des inconvénients d'un dilettantisme esthétique plus perfide que l'humour, parce qu'il n'a pas la correction du sentiment blessé, qu'il ne procède pas d'une conviction froissée, d'un besoin de vérité et d'opposition. Ce n'était que la fuite de l'imagination dans une convention sans rapports avec la vie; non pas le recours à l'absurde en faveur de la nature, mais l'évanouissement de la conscience dans l'effacement crépusculaire du réel. Aspasie s'en rend compte en revenant à elle-même, après n'avoir que trop cédé aux suggestions d'un symbolisme équivoque autant que la clarté falote de la lune. Ce symbolisme n'a-t-il pas le même effet « de nous ouvrir le monde des esprits? On se trouve léger comme une plume, on a l'impression de se dissoudre; la scène de la vie disparaît, une délicieuse langueur gonfle le cœur... Libre de soucis, l'âme croit s'élancer vers le beau; elle sent se dégager en elle des aspirations sublimes... » Mais Aspasie s'étonne « de n'en avoir pas prévu l'issue » 5.

Non moins probant est le cas de Combab qui, selon la tradition de Lucien 6, ne se fait aucune illusion sur le risque qu'il court à

1. Diderot, Œuvres Complètes (Assezal, VI, p. 426) : « Peut-être cela est-il il' licieux en vers, mais en prose, cela n'est pas la même chose...; et puis il y a en général dans tous ces ouvrages (Psyché, Les Grâces, etc.) trop de roses, de jasmins, de bouquets et pas assez d'idées et de finesse. »

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