Roth, I, p. 24 s
3. D. Br., 1, p. 174, 184, 195, 211 s. Morgenbl., 1840, n" 285.
4. A. Br., Il, p. 296 ss. Gleim, prévenu contre W. par Sulzer et par L'z, fit attendre sa réponse jusqu'en sept. 1769, malgré les instances de Riedel. Voir aussi la lettre de Gleim à Jacobi du 4 ocl. 1768 (Prôhli: : Lessing, Weiland, Heinse, p. 317).
5. Gleim à Jacobi, Prôhlf. : Zeitschr. f. Preuss. Gesch., XVIII, p. 514; Lessing, Wieland, Heinse, p. 156.
Cervantes, de Swift, comme l'émule de Fielding et de Sterne, le maître de l'ironie et de l'humour par lequel l'Allemagne allait pouvoir se mesurer avec les nations étrangères ? *
C'est pourquoi Wieland n'avait pu rester à l'écart d'uD mouvement qui se réclamait du bon goût, c'est-à-dire d'un éclectisme artiste qui, à l'esthétique rationaliste, opposait la délicatesse du sentiment, le plaisir de l'esprit. A ce dilettantisme, il était préparé lui-même par Warthausen et par son relativisme moral. S'étonnait-il de lire sous la plume de Riedel : « Ce que la statue de Zénide est à Idris, et à Don Sylvio le portrait de la belle inconnue, la fantaisie l'est au jugement du beau et du laid2 »? Il se trouvait confirmé, par la critique subjective de Riedel, dans son impressionnisme poétique : « L'imagination de chacun prend comme un caméléon les couleurs de son entourage. » Il avait donc accueilli d'enthousiasme l'amitié de Jacobi, qui lui semblait plus proche de lui que quiconque, par son talent subtil et son esprit badin.
Plus que Riedel, celui-ci était une créature de Klotz, avec qui il avait cultivé, à Halle, une morbidesse d'imagination, une préciosité de forme, que servait son goût des littératures étrangères, notamment de la poésie méridionale. C'est pourquoi, à la mort de Meinhard, Jacobi avait même été désigné par Lessing comme son continuateur 3. Mais il préférait folâtrer dans les bosquets anacréontiques, rivaliser avec Gresset ou Dorât, jouer avec les motifs légers des enluminures galantes. « Il n'est aucun charme qui échappe à ma muse; elle les recueille tous pour en faire de petites chansons4. » Une dissipation qui, mieux qu'au professeur, convenait au chanoine que Jacobi était devenu à Halberstadt, grâce à Gleim, avec qui il avait maintenant tout loisir de poursuivre son badinage avec les amours et les ris. Cependant, ayant eu la malencontreuse fantaisie de cueillir des roses anacréontiques sur les tombes et de profaner les voûtes de la chapelle de Saint Boniface par des évocations frivoles 5, il dut faire mine, pour