‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 388 sur 505 · ftriefe con den H. Gleim und Jacobi, p · texte numérisé non relu

ftriefe con den H. Gleim und Jacobi, p

5. D. Bibl., 11, p. 545; Nachtgedanken (dédiées à Gleim), 1769.

calmer le scandale, de congédier le dieu folâtre, pour la consternation de Gleim et de son amie, la chanoinesse Adélaïde-Louise de Hatzi'eld. Ce qui fut, pour Wieland, l'occasion d'une sémillante parodie : Le procès de V Amour 1. Mais il attendit, pour achever cette parodie, d'avoir un nouveau motif d'irritation, quelques années plus tard, contre les pharisiens2. A l'instar de Momus, le divin ironiste, il commençait à se désintéresser de l'Amour et des Grâces. « Pour ou contre, je suis toujours, en fin de compte, pour la personne et contre la cause 3. » Que le moineau de Lesbie picore des chimères sur des branches creuses, ou que l'âne secoue ses oreilles en mâchant des chardons, le monde n'en irait pas moins son train.

Cependant Wieland s'était laissé fêter à Halberstadt 4; il avait trouvé, comme il en assurait Gleim, « une ineffable douceur à être présenté au monde comme l'ami de Gleim et de Jacobi»5. Il n'en jugeait pas moins à leur valeur la mignardise de leurs petites chansons 6, le tour languissant de leurs babioles poétiques, « l'accent particulier de belle nature naïve, de délicate sensibilité, de tendre volupté, de certaine grâce morale difficile à définir » 7, qui pourrait « charmer l'imagination d'une jeune fille de quinze ans » 8. Ne s'était-il pas amusé, à Warthausen, d'une figurine, représentant un amour déguisé en abbé, propre à ironiser l'afféterie doucereuse de son ami ? 9 Mais lorsque cet érotisme décoratif se trouva lié à une religiosité suspecte, qu'il servit à un idéalisme équivoque, quand Wieland put constater les effets sur des « âmes sensibles »,

1. Der verklagle Amor, dont un fragment avait paru dans l'édition des Hirtenlieder de Werthes, en 17/2, publié dans le Merkur de 177», 111, p. 47 à 128. Dans les Werke, le Vorbericht indique 1771 comme date de la composition. (H. XI, p. 210 s.) Cf. Seuffert : Zeitschr. f. d. Altertum, XXVI, p. 261 ss.; et Witkowski : Vierteljhrschr f. Litgesch., III (1890), p. 509 ss.

Page 1