‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 389 sur 505 · D. Br., I, p · texte numérisé non relu

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telles que Sophie La Roche, et surtout sa fille Maximiliane, « la petite sylphide aux yeux noirs », qu'il eût désiré former luimême 1, il crut devoir réagir contre ce sentimentalisme esthétique. Vos exempla graeca! avertissait-il Jacobi, en train de verser dans cette sensiblerie, qui, à ses yeux, n'en était pas moins « pélagianisme, épicurisme raffiné, philosophie des Grâces, en un mot, paganisme », étant lui-même « trop franc païen » pour approuver l'onction spirituelle du Voyage d'Hiver 2. « Un peu plus d'ironie socratique et la lecture d'Euripide et de Métastase ! » prescrivait-il 3. Pour lui-même, Wieland se retirait du jeu arcadien. Un esprit comme le sien avait d'autres devoirs. « On s'épuise vite, dès qu'on se limite à un mode de tendres émotions, d'images légères et riantes. Le lecteur le plus sensible ne peut se défendre d'un certain ennui 4. » Avait-il cédé aux adulations d'une société dont il subissait malgré tout le prestige, plié au bon ton son ironie, humanisé son scepticisme, il se trouvait, à Erfurt, ramené au sérieux de l'esprit. Il était tenu par ses fonctions, de faire du culte des Grâces une culture par les Grâces, de confondre l'éducation esthétique avec l'éducation morale. Mais, malgré cette concession au rationalisme, il ne voulait pas être un philosophe. Lors d'un voyage à Leipzig, en 1770, il ne put se lier ni avec Clodius, « un homme d'esprit au plus haut degré », ni avec Garve, « un des meilleurs philosophes que j'aie connus» 5. Il n'entendait pas s'acoquiner ni avec les littérateurs frivoles de Saxe, ni avec les propagateurs de lumières, trop poète pour les uns, et trop moraliste pour les autres 6.

1. Hassencamp, p. 94. Cf. Sophie La Roche : Mein Schretbtisch, II, et Lettres de Sophie La Roche. A. Br., II, p. 346, 351, 364.

2. A. Br., III, p. 16 (complétée sur la copie de Anna Gessner, Bibl. de Zurich). « Aber auf meinen Beifall haben Sie sich nichts zu gut zu tun, mein lieber Jacobi. Je suis franc païen, ou je passe pour tel. Es ist wahr qu'un corbeau ne crève pas les yeux à un corbeau, comme dit le roi Chilpéric à ses évêques... »

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