Hassencamp, p
i Schulze-Maizikr, o. c.
\ l'université d'erfurt 403
« un homme entendu et d'un caractère ferme et tant soit peu dur », affectant un « catonisme rigoureux », grand ami des bienséances, mais sans goût ni pour la poésie, ni pour ce qu'on peut appeler esprit en général », en bref, un fonctionnaire exact « à qui jamais les Grâces n'ont souri »; au surplus, « encrassé de préjugés, ambitieux et hypocrite »*. Wieland ne se serait pas pardonné d'avoir laissé prendre en défaut sa perspicacité autant que son cœur 2. C'est avec ce personnage cependant qu'il fallait s'entendre pour la rénovation de l'Université, rénovation que, à défaut d'autre considération, eût justifié l'état de décrépitude dans lequel était tombée l'institution « perantique ». Bahrdt a gardé un souvenir réjouissant de son premier contact, au cabaret du Ratskeller, avec ses collègues, « dont la tenue, l'allure et le ton l'écœurèrent autant que les fèves du pays » 3. Riedel souhaitait une bonne épidémie qui en supprimât les deux tiers, « pourvu qu'elle le fît avec discernement » 4, et Wieland, comme il l'indiqua rétrospectivement, dut. abandonner la lutte contre « tant de barbarie, de pédantisme et de médiocrité > 5. Que faire de ces cuistres besogneux, qui tenaient leur enseignement pour une demi-sinécure, insuffisante d'ailleurs à leur subsistance, de ces Bénédictins de la Porta Cœli, au Petersberg, ou de ces Augustins, rivés à leur vieille scholastique? 6 Quelques-uns des enseignements essentiels restaient vacants, faute de crédits pour y pourvoir; d'autres étaient en sommeil, ou dispensés par imonieusement à une clientèle famélique, tombée à une cinquantaine d'étudiants ". Il eût fallu une action vigoureuse pour secouer cette routine, et insuffler un peu de vie à ce corps épuisé; appeler quelques maîtres en renom, capables de rendre un peu de lustre aux facultés. Mais ce n'est pas tant ce que cherchait le