‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 395 sur 505 · Horn, p. 94 s · texte numérisé non relu

Horn, p. 94 s

5. Rapport de Wieland à Dalberg, cité par Schulze-Maizier, p. 103.

6. H. A. Erhard : Uberliejerungen zur vaterldndischcn Geschichte, H. II, Magdebourg, 1827; Boxbergeb : Erfurts Stellung zu unserer klassischen Lit.- Perwde. (Jahrb. der kgl Akad. gemeinniitz. Wissensch., N. F. VI, 1870.)

7. Cf. Riedel : Selbsi-Verteidigung... (Adam Wolf : Geschichûiche Bilder tiux (Jeslerreich II (1878); cf. sa lettre autobiographique a Ring, citée par E. .Schmidt (Allg. deutsche Biographie).

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gouvernement électoral, qu'à ranimer en pays protestant un foyer de propagande libérale, susceptible d'appuyer le mouvement fébroniste, et de soutenir l'action qu'on attendait de Joseph II contre l'ultramontanisme 1. La politique de Groschlag et de Benzel visait à la sécularisation progressive de l'Université. La « nouvelle institution » à la « Faculté philosophique », renforçait le collège évangélique qui déjà doublait la Faculté de théologie catholique.

Des nouveaux maîtres que Riedel avait fait nommer, Wieland était seul à posséder du prestige. Les autres, Heinrich Schmid, Friedrich Herel, Georg Meusel, frais émoulus de l'Université, ne portaient ombrage aux professeurs de la vieille institution que par leur jeune prétention 2. Bahrdt, il est vrai, mettait en émoi les théologiens par son modernisme tapageur, alors que Riedel ne laissait pas d'attiser les susceptibilités par sa désinvolture fanfaronne, ses provocations et sa raillerie de « l'obscurantisme »3. Fort de l'appui du gouverneur et de Genau, il se flattait de débarrasser Erfurt de ses moines, ainsi que le fera Korax, dans les Abdéritains, des grenouilles qui infestaient sa patrie4. Si cette pétulance brouillonne ne manquait pas son effet sur la jeunesse, elle compromettait le succès de la réforme envisagée. Wieland avait assez d'expérience pour ne pas trop compter sur la fermeté du gouvernement dans l'action anticléricale, où il se trouvait engagé plus qu'il n'eût désiré.

1. Cf. Otto Meyer : Febronius, Weihbischoj Johann Nicolaus ran Honlheim, and sein Widerruj, Tiibigen, 1880.

Le manifeste de Febronius sur les statuts de l'Église et la puissance du Souverain Pontife, qui avait paru à Francfort par les soins du doyen Dumeitz, avait été mis à l'index en 1764; mais, à la mort de Clément XIII, une conférence se réunissait à Coblence, présidée par Hontheim lui-même, pour élaborer les 30 articles que Joseph II devait soutenir à Rome. Sur la participation éventuelle de W. à la publication du manifeste, cf. Asmvjs, o. c, p. 73.

2. Cf. R. Prutz : Menschen und Bûcher, 1862, ainsi que la biographie de Bahrdt par Franck. — Dans ses Mémoires, Bahrdt reconnaît qu'il n'avait alors ni la compétence, ni l'autorité d'un professeur : « Doch war ich in der Geschichte nichts, in der Philosophie unvollstândig und in der Exégèse ein Nachbeter des Grotius, Klerikus und einiger Mânner, die mir in Leipzig auf die Spur geholfen hatten. » (II, p. 24.)

3. Schulze-Maizier, o. c, p. 35. — Une première fois, Riedel avait fait condamner le Sénat à une amende collective de 100 thalers (Boxbercer, o. c, et Schulze-Maizier, «. c, p. 24).

4. H. VIII, p. 14. — Dans un rapport au Statthalier, Riede] présentait la renaissance de l'Université d'Erfurl comme un des événements qui marqueront dans l'histoire de l'époque. (Schulze-Maizier, p. 87.)

a l'université d'erfurt 405

A peine arrivé, il eut à faire face, avec Riedel et Bahrdt, à une cabale qui fut matée par un « décret des plus terribles », lequel destituait le recteur en exercice, et bannissait le principal fauteur de l'opposition, le Père augustin Simon Jordan, l'accusateur futur de Riedel à Vienne; en outre, « une demi-douzaine de mauvais sujets » de leur espèce recevaient un avertissement d'importance 1. « Je n'aime pas les voies de rigueur, écrivait Wieland à Sophie, mais les circonstances les ont exigées absolument. » Ne se trouvait-il pas en cause pour la prétendue immoralité de ses ouvrages? 2 Mais la raison politique, comme il arrive, se moquait de la morale. Riedel et Wieland étaient installés d'office conseillers académique», et appelés à la commission de la reconstitution de l'Université; leurs délateurs étaient confondus « dans leur propre turpitude », et Wieland de narguer « ces professeurs qui s'en vont en corps se jeter aux pieds de Son Altesse électorale pour lui dire qu'ils ne sont que des sots » ! 3

La résistance n'en continuait pas moins en dessous. Qu'il se flattât d'être placé avec Riedel à la tête de l'Université, Wieland s'y trouvait pourtant dans une situation irrégulière. Peu combatif de nature, il préférait laisser à son ami le premier rôle, « à cause de son caractère fort et décidé, qui a l'ambition de faire tout ce qu'il fait au mieux possible » 4. Séduit par sa verve, son allant et son esprit « qui aimait à aller au grand galop », il s'abritait derrière son zèle parfois intempestif, quitte à le désavouer quand le terrain deviendrait brûlant 6. Combien il restait exposé, il pourra le constater lors d'un procès d'inquisition intenté à l'un de ses

1. Voir le décret publié par Schulze-Maizier, p. 26 s. — Cf. Hassencamp, p. 183 ss. ; et Horn, p. 97 s. (lire 4 oct. au lieu de 4 sept.).

2. Le pasteur Vogel, à Erturt, et le Père Jésuite Winkler, à Mayence, prêchaient en chaire contre l'anacréontisme et les corrupteurs de la jeunesse.

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