‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 402 sur 505 · Hassencamp, p · texte numérisé non relu

Hassencamp, p

3. Ad. Bach : Wieland bei rheinischen Freunden im Frùhjahr 1771, dans : Ans dem Kreise der Sophie La Roche, 1924. — Le voyage projeté dès le mois d'août 1770 (Horn, p. 132), avait été retardé par l'installation de Sophie à Coblence. W. passa par Wetzlar, où il rencontra Loskant, mais ne vit ni Kastner, ni Gôtter, qui attendaient Gleim. Cf. Euph., XIX, p. 339 s. et A. Br., 111, p. 47 s. Sur l'arrivée de W.,la L. de Fr. Jacobi au comte de Chotek à Vienne. (Roth, I, p. 33 ss.)

ciance, « dans un parfum de roses et une nuée d'azur », pour parler comme Sophie, il suffit de marquer les étapes. C'était comme si toutes les joies l'avaient attendu dans cette belle vallée, qu'il contemplait des terrasses du jardin d'Eltz, tandis que Georg Jacobi débitait d'une voix tendre ses poèmes à Élise 1. Chez Sophie, à qui il avait apporté sa Sophie Sternheim, le roman qui va la parer d'une auréole littéraire 2, il voyait défiler toute la cour de l'Électeur Clemens Wenzeslas ; et lui-même recevait audience de ce petit-fils de l'empereur Joseph, fils du roi de Pologne, qui daignait accepter l'hommage de ses ouvrages. Wieland fut accueilli avec la même bonne grâce par la princesse Cunégonde, sœur de l'Électeur, et il se vit traité comme un étranger de marque3. Il accompagna les Jacobi à Pempelfort, où il reconnut en Betty une nouvelle Musarion qu'il se promit d'immortaliser4.

A Mayence, d'autres satisfactions lui étaient réservées. Il vit Dalberg, le nouveau gouverneur d'Erfurt, qui l'assura de sa protection; il dîna chez la comtesse de Wartensleben, la Danaé de ses Grâces 5, fut reçu à Hôchst par son prince, qui ne lui cacha pas les difficultés auxquelles, comme La Roche à Coblence, il aurait à faire face à Erfurt6. Il alla rendre hommage à la margrave Caroline de Darmstadt, la seule personne « qui unît la majesté d'une reine à la simplicité d'une bergère de l'âge d'or ». Il y fut rejoint par Gleim, qui l'avait manqué à Mayence, et avec qui il partagea les compliments de la petite cour d'amour, non sans décevoir quelque peu les belles âmes, si l'on en croit Caroline

1. Sophie La Roche : Mein Schreibtisch (1799), II. p. 100 s. — G. Jacobi : Werke, 1819, II, Préface : « Noch ist es mir, als wiirden jene Lieder von der Abendsonne bestrahlt, in welcher ich den Vater der Musarion und seine àlteste Freundin auf einer Rheinfahrt begleitete, die meine neuesten Lieder zu horen verlangten, und Wieland mir ein unvergessliches Wort sagte, das, als ein Wort der Weihe, mich zu ahnlichen Gesângen begeisterte... »

2. W. avait revisé le roman de Sophie et l'avait publié chez Reich. Il rapporta le manuscrit du 2e vol.

3. Hassencamp, p. 251 s. — W. envoya ses œuvres dès son retour au Prince Kir, teur

4. A. Br. III, p. 24 s. [lire 1772 et non 1771). L. complété sur le manuscr.

5. Hokn. p. 90. — Cf. la réponse de Sophie du 31 mai, ainsi que les L. du 28 juin et du 18 juill. (« Lettres inédites »). — Sophie était au mieux avec la comtesse de Leyen, sœur de DaJberg, ce qui favorisait les relations de W. avec le nouveau gouverneur.

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