‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 403 sur 505 · Hcibn, p · texte numérisé non relu

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a l'université d'erfurt 411

Flachsland, la fiancée de Herder l. Ayant fait la connaissance de Merck, il se rendit à Diebourg, où il passa une belle journée dans la maison de campagne de Groschlag, ce qui acheva « de le rendre heureux ».

De cette fugue, qui ne fut « qu'un enchaînement de moments délicieux », il rentra réconforté et rajeuni, pour trouver chez lui, à côté de ses deux aînées, « grandies et embellies », une troisième grâce « dont le diable venait d'être chassé en grande cérémonie » quelques heures plus tôt. Il se sentait enrichi d'expériences et d'impressions « qu'il ne troquerait pas contre la meilleure île en terre ferme, que l'honnête fou de Don Quichotte croyait avoir à lui donner », imaginant ce qu'il rapporterait d'un voyage de deux ou trois années en Angleterre, en France, en Italie... Déjà il avait, une meilleure opinion de l'humanité 2. Il se trouvait plus assuré, en intelligence avec les cercles aristocratiques, en confiance avec son gouvernement, au fait de la situation politique et des secrets du cabinet. Il savait qu'on le soutiendrait à Erfurt, pourvu qu'il ne fît pas Je jeu de ses adversaires, qu'il en usât avec plus d'habileté que Riedel. Dalberg comptait sur lui pour le seconder dans ses projets, et l'écouterait dans les affaires de l'Université. Déjà Wieland lui proposait, à la place de Bahrdt, Froriep, un « théologien honnête homme autant que peut l'être un théologien per naturam ». Il croyait pouvoir lui conseiller de nommer des gens de mérite, « sans trop regarder à la dépense » 3.

Vaines promesses, d'ailleurs, d'un gouvernement tiraillé entre ses aspirations modernistes et la réaction, intimidé par surcroît par l'échec du mouvement fébroniste. Wieland renoncera bientôt à s'intéresser au sort d'une Université « où les moines augustins

1. Caroline Flachsland fil part à Herder de sa déception, en ce qui était du physique de W., dans sa L. du i juin 1771 (« Aus Herders Nachlass », 111, p. 63 s.) :

« Er ist im ersten Augenblick nicht einnehmend, mager, blatternarbig, kein Geist und Leben im Gesicht, kurz, die Natur hat an seinem Kôrper nichts fur ihn getan; tritt kalt in die Gesellschaft, spricht ziemlich viel, insonderheit wenn er Latine liai. Man inuss ihn lange sehen, ehe man ihn kennt; ersl eine Stunde vor dem Abschied habe ich gesehen, dass er warm und empfindsam sein kann; und ich liebe ihn, da ich ihn als Freund habe kennen gelernt. » — Cf. A. Br. 111, p. 59; Gotterà sa sœur, 8 juin 1771 (Euph., XIX, p. 341; Lettres de S. La R., 18 juUl. 1771).

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