‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 419 sur 505 · II. li nck : Beitrage, 1882, p · texte numérisé non relu

II. li nck : Beitrage, 1882, p

a l'université d'erfurt 427

Diogène, Démocrite... « Puisse votre nouvelle situation vous être aussi favorable qu'à votre prince ! » lui avait souhaité l'auteur à'Emilia Galotti. Il en accepta l'augure, et sut confondre les habiles.

Que cette philosophie se déguise sous le manteau de Diogène, c'est le moyen de tenir à distance « les cafards et les sots », en s'assurant le privilège de l'excentricité. Parodiant le citoyen de Genève, Wieland n'affecte le cynisme que pour rire à son aise de la gravité scandalisée de son entourage. « Un philosophe n'est rien moins qu'un contempteur de la joie. Adressez à Démocrite et aux disciples d'Hippocrate les compères à la triste figure, au regard sombre et au tempérament atrabilaire... Pourquoi haïr la joie? Les dieux nous ont-ils donné rien de meilleur? 1 » Son Socrate en délire se tiendra aussi loin de la bouffonnerie des comédies d'Aristophane ou de l'Arlequin de Marivaux, du Hanswurst viennois, que de l'honnête satire du misanthrope bourru 2. Si c'est prendre trop de liberté avec les « sources » que de le faire parler en allemand « mieux qu'un sophiste du temps d'Alciphron ne l'eût fait parler en grec »3, ces « dialogues », qui seraient aussi bien « des rêveries, des soliloques, des anecdotes, des réflexions»4, ne revendiquent d'autre authenticité que celle de YÉcumoire. A leur ironie pourra se mêler, sans trop d'invraisemblance, un peu du sentimentalisme de Yorik. Diogène se fait le censeur de la

1. H. XXIV, p. 73 s. : Xaehlass des Diogenes, ch. XXXII. — L'ouvrage fui écrit pendant le mois d'août 1769 et parut chez Reich avec des vignettes d'Oeser, au début de 1770, sous le titre de Socrates Mainomenos, oder die Dialogen des Diogenes von Rinope, aus einer alten Handschrift. » Cf. Horn, p. 101 et 111. A. Br., II, p. 329 : « Vergangenen August, den ganzen Monat hindurch, hatte inic'h eine philosophische Laune angewandelt, welche mit der yorikschen etwas Ahnliches hat, ohne Nachahmung zu sein. » Cf. A. Mager : Wielands NacfUass des Diogenes von Sinopc und das englische Vorbild, Progr. Marbourg, 1890. — Fr. Bauer : Uber den Einfluss L. Sternes auf C 1/ Wieland, Progr. Karl bad, 1898. — C. A. BEHMER : L. .Sterne und Wieland, 1899.

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