‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 424 sur 505 · Ch. XXXV s., H. XXIV, p. 92 à · texte numérisé non relu

Ch. XXXV s., H. XXIV, p. 92 à

2. « Quelles expériences seraient nécessaires pour parvenir à connaître l'homme naturel, et quels sont les moyens de faire ces expériences au sein de la société? < (Rousseau, Œuvres, I, p. 79.) Die Republik des D io gènes ; cf. Klein : Studien zur vrgl. Litgesch., III, p. 446 ss.

L'idée de l'expérience au moyen d'enfants livrés à eux-mêmes dans une île, a peut-être été donnée à W. par Iselin : Gesch. der Menschheii, II, ch. 9 (éd. de 1768).

y verrait apparaître la loi, les tribunaux, les magistrats, les soldats, les savants, les artistes, les prêtres...

Plutôt que d'accuser la civilisation, pourquoi ne pas substituer à l'utopie de la nature celle de la raison, et ne pas attendre des arts qu'ils réparent les dégâts qu'ils causent? Qu'il abandonne à Rousseau les dégradations amenées par le « progrès », Diogène ne rejette pas pour autant tout espoir finaliste. Refuser à l'effort humain, en ses manifestations variées suivant les climats, les races, les religions, les aptitudes, la perspective d'un but eudémoniste, nier la valeur de cette évolution au nom du bonheur hypothétique des sauvages, n'est-ce pas attribuer le monde à un génie cruel, qui se jouerait de la vaine activité de ses créatures? Mieux vaut l'illusion d'un avenir meilleur. A quoi bon regretter la naïveté de l'enfance, « puisque la vie est croissance, développement illimité »? « Quand un peuple en est arrivé au point où il a besoin des arts et des sciences, il ne saurait mieux faire que de les pousser aussi loin que possible. » Une fois perdue l'ingénuité, c'est à la philosophie qu'il appartient de rétablir la santé compromise. « Encore faut-il que le médecin ait à cœur de guérir le malade l. »

La critique des mœurs ne se départ donc pas de cette perspective idéaliste. Elle montre les lézardes de la civilisation; mais c'est pour la consolider. N'est-elle pas l'œuvre de la nature? Il s'agit seulement de ne pas s'écarter de la bonne direction, quelle peine qu'il y ait à frayer la voie, à moins de s'abstenir, comme Diogène : « Ces principes, je puis les communiquer; mais, sentir leur vérité comme je la sens, y trouver le bonheur que j'y trouve, c'est le fait d'une disposition particulière 2. » Entre les sophistes, qui dédaignent les joies du cœur, et Rousseau qui voudrait revenir à un stade révolu, Diogène suit la raison de son cœur, fidèle à la morale des Grâces 3. Il se joue du paradoxe, mais il partage le goût de la vérité, de la simplicité de Rousseau. Il ne fuit pas la société, il s'en retranche, sachant à l'occasion user de l'artifice pour sauver un malheureux ou confondre un hypocrite. N'a-t-il

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