‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 432 sur 505 · II. XXXI, p · texte numérisé non relu

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a l'université d'erfurt 439

à changer de visage, à paraître ce qu'il n'est pas. Ne serait-ce pas l'origine de tous nos maux? x

Comme il est plus facile de paraître bon, vertueux, que de l'être réellement, et comme le résultat est le même, au moins à la lueur des chandelles, il ne vint plus à l'esprit de personne d'être ce qu'il pouvait paraître grâce au fard magique. On ne vit bientôt plus de visage naturel, de caractère naturel; tout a été fardé, truqué : piété fardée, amitié fardée, patriotisme fardé, morale fardée, politique fardée, éloquence fardée... L'humanité n'a plus été qu'une mascarade.

Tout serait parfait sans cet incident... Mais des êtres dont le bonheur tient à l'apparence méritent-ils d'échapper au déluge de Deucalion ?

Une humanité considérée comme déchue, séparée de la nature, est une humanité de la « fabrique de Prométhée ». A ses enfants, la nature a réservé par contre d'autres ressources : elle leur a donné la faculté de se perfectionner eux-mêmes, ainsi que l'atteste le développement accompli. Pour savoir ce qu'elle s'est proposé, il suffît de considérer la façon dont elle s'y prend encore 2. Comment mettre en doute la vocation de l'homme à la culture, si l'on n'a pas de dessein ténébreux, comme les « louches cafards » qui s'en prennent de leur sottise à la raison, et voudraient « disséquer le cœur de Rousseau » 3. Qu'importe qu'il soit issu de l'orangoutang ou du pengo, si l'homme s'est séparé de l'animal par son instinct de perfectibilité, s'il a évolué selon sa propre loi4. Animal dépravé si l'on veut, il n'en pense pas moins, « il n'est ni un singe, ni une idée platonicienne, ni un berger d'Arcadie, ni un héros de féerie, ni un sage stoïcien, ni un ange, mais bien un homme, sans qu'il y ait besoin d'idées innées, de deus ex machina, pour qu'il accomplisse son destin, et se fasse son propre créateur » 5.

Voilà ce que la nature a voulu, ce qu'elle veut encore. Faut-il le regretter? Qu'on invoque un bonheur illusoire, quand la civili-

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