‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 435 sur 505 · H. XXXI, p. 93. (Belrachtungen Uber J. J. Rousseau · texte numérisé non relu

H. XXXI, p. 93. (Belrachtungen Uber J. J. Rousseau

4. H. XXXI, p. 150. (Uber die vorgebliche Abnahmr ,1, hleckls, 1777.)

ne subissent-elles pas, comme les individus, la loi fatale de la vie? Si chacune doit passer par les mêmes épreuves et les mêmes échecs, ne s'épanouir que pour décliner et mourir, pourrait-il être question d'une évolution de l'humanité « dans la nature des choses »? N'assisterait-on pas plutôt à des révolutions successives des nations, et n'est-on pas en droit de supposer qu'après un nouveau cataclysme qui ne laisserait subsister qu'un couple, l'humanité nouvelle qui en sortirait ne reproduise l'histoire de la progéniture de Sem, Cham et Japhet?1 Parodiant la Genèse aussi bien que Rousseau, le conte de Koxkox et Kikequetzel déchire l'utopie naturaliste. Si l'innocence de l'Age d'Or est celle du premier âge, qui voudrait rester éternellement en enfance ? 2 Mais si la raison s'est développée du besoin de refréner l'instinct, s'il a fallu que sous la pression des passions, l'homme secouât son indolence, s'imposât la contrainte sociale, c'est donc que la nature a produit la raison qui la corrige, et que la transformation s'est faite au gré des circonstances, suivant le jeu des facteurs.

Quelle n'est pas la part du hasard, de la rencontre fortuite, par exemple dans l'invention du langage? Autant que « l'on raisonne ou déraisonne » sur les origines 3, que l'on parte d'une aptitude invétérée ou acquise, de l'instinct ou de la sensation, le langage est là, comme instrument de la pensée. Laissant aux philosophes « leurs étranges lubies », Wieland ne se demande pas si c'est pour le bien ou pour le mal 4. Il prend ce qui est, sans chercher pourquoi. C'est tout de même du cœur humain qu'a jailli, au cours des temps, l'art qui nous a élevés au-dessus de la condition animale 5. Que cet art puisse corrompre, surtout s'il est brusquement apporté à un peuple qui n'en est pas encore au degré de développement, dans lequel il serait utile, la colonisation en fournit le triste témoignage.

Est-ce pour s'attendrir une fois de plus sur l'ingénuité des sauvages, ou bien pour accuser le zèle des missionnaires, cette

I. H. XXXI, p. 138. (Vber die Behauptung...) ■1. H. XXXI, p. 61. [Koxkox...)

3. Cf. Klein, art. c, p. 456 ss. Rapprochant les textes, ce critique montre combien \V. suivait de près Rousseau.

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