‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 436 sur 505 · il XXXI, p. 14. [Koxkox...] 5. 11. XX XI, p. 18. II · texte numérisé non relu

il XXXI, p. 14. [Koxkox...] 5. 11. XX XI, p. 18. II

a l'université d'erfurt 443

confession du Grand Prêtre Abouljanaris^ que n'eût pas désavouée Diderot ou Voltaire? Plus que la cupidité mercantile, c'est la fureur de convertir, d'inculquer le mal pour justifier la vocation de le guérir 1, qui fait l'objet de la satire. Le « testament secret » 2 du prélat est un réquisitoire amer contre l'Eglise, qui asservit la conscience, et met son prestige spirituel au service d'ambitions temporelles, qui surveille et gouverne le peuple par la terreur superstitieuse qu'elle lui inculque. Et quand il dénonce le double visage du dogme, la doctrine exotérique qui s'attache aux paraboles, aux symboles que le fondateur (Hermès) aurait choisis pour leur simplicité, et la doctrine ésotérique, à l'usage des habiles et des dirigeants; quand il se donne lui-même pour un imposteur, qui a prêché ce qu'il ne croyait plus, qui a menacé de sanctions futures pour contraindre à l'obéissance, et qui a joué du mystère contre la raison, Aboulfauaris n'abjure-t-il pas sa foi et ne condamne-t-il pas toute religion? Ce n'est pas seulement la Révélation qui, dépouillée de son caractère mystique, n'est plus qu'un enseignement moral élémentaire, comme chez Lessing; c'est l'hypocrisie cléricale qui s'oppose à l'art et à la joie au nom d'une « momie », c'est la contrition chagrine, favorable aux vocations religieuses; c'est l'intrigue et l'insinuation dans la vie privée; c'est enfin la casuistique qui masque la concupiscence. A l'appui des lettres de La Roche sur le Monachisme 3, Wieland, avec la compli-

1. H. XXXI, p. 185. (Reise des Priesters Abulfauaris ins innere Alrica.) Cf° Euph., 111, p. 734 s. Le personnage est tiré des 1 001 ivurs de Pietris de La Croix' un conte qui a également servi au Miroir d'Or. Goethe n'a-t-il pas été amené par W. au sujet de son Satyres?

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