‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 441 sur 505 · L. à Sophie La Roche, 6 janv. 1772, lions, p. loi s · texte numérisé non relu

L. à Sophie La Roche, 6 janv. 1772, lions, p. loi s

4. D. Br., I, p. 297, et II, p. 2 s. « Wenn ich jemals nach dem Beifall von Principibus viris gestrebet habe, so geschah es bei diesem Werke, wodurch irh unter dem Vehiculo einer ergôtzenden Erzahlung grosse, gemeinniitzige, freimûtige und zum Teil kiihne Wahrheiten den Edeln und den Grossen unserer Nation unter die Augen gestellt habe. »

5. Dans sa L. a Reirh de mars 1771 W. annonce « dass sonderlich der 2. und 4. Teil eine zwar sehr hôfliche, aber hôchst freimûtige Satyre enthalten, wobei die Herren Kônige, die Herren Ministère und die Priesterschaft (sonderlich katholischen Anteils) die Nase gewaltig rûmpfen werden... Die Satyre, so sanglant sie ist, ist gleichwohl behutsam genug, dass weder der Autor noch der Verleger etwas davon zu besorgen haben, es wâre denn hôchstens ein Verbot in den ôsterreich. Staaten, wo man noch ein wenig bigot ist. »

Sébastien Mercier « qui mérite des statues, et qui méritera à son auteur une place à Bicêtre s'il est découvert. Aussi ai-je l'honneur d'être Allemand, ajoutait Wieland ; je pardonne tout à un Français qui a du génie et du cœur, et qui jette un regard sur sa nation et sur ceux qui la gouvernent l ». Wieland n'avait d'ailleurs pas à se targuer de sa témérité, du moment qu'il s'abritait, comme naguère pour son Cyrus, derrière nos moralistes et nos polémistes. Avait-il conçu alors, à la suite de Fénelon et de Ramsay, un Anti-Machiavel trop poétique pour le roi de Prusse 2, il offrait maintenant à Joseph II, sous le couvert de Marmontel et de Sébastien Mercier, un miroir « dans lequel les hommes, les mœurs, les époques apparaîtraient dépouillés des accessoires qui faussent le jugement quand on est impliqué dans le jeu complexe des événements » 3, c'est-à-dire dans la perspective de l'intelligence utopiste du siècle 4. Quoiqu'il se défende de flatter la vérité par l'idéalisation poétique, de briguer la faveur des potentats ou les suffrages de leurs sujets, il s'agit pourtant d'un « catéchisme politique », qui se propose de dégager de la trame confuse de l'histoire le dessin d'un plan arrêté, qui veut assigner « une raison supérieure » à l'inextricable enchevêtrement « de la vertu et du vice, de la sagesse et de la passion, de la vérité et du mensonge, de la science et de l'ignorance, du goût et de la barbarie » 5. C'est donc une œuvre de philosophe, qui considère « d'un esprit détaché et éclairé » la succession des événements, ainsi que leurs motifs; mais c'est aussi une œuvre de moraliste, devant instruire et édifier au moyen d'exemples appropriés, et d'autant plus probants qu'ils sont tirés de l'expérience universelle. S'il y joue un reflet d'utopie, c'est qu'elle veut apporter quelque soulagement aux « âmes sensibles », en détournant leur attention vers de belles chimères, « qui, pour n'avoir pas trait à notre monde sublunaire, nous font oublier les maux que nous causent, sur ce grain de poussière que nous habitons,

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