‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 442 sur 505 · HOBN, p · texte numérisé non relu

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n. (.1. plus haut, ch. Y. et l'om ragi o c. di

3. Zueignungsschrijt des sinesischen Ubersetzers, II. XVIII, p. 7. 'i. Pour toul ce chap. je renvoie à l'ouvrage de D. Mohnet : Les ori§ lectuelles de lu Révolution française, 1715-1787, Paris, 1933. 5. H. XVIII, p. 15K.

des êtres de notre espèce, appliqués à nous ravir ou à nous empoisonner notre existence éphémère » 1.

En choisissant pour cadre, après Crébillon « un pays perdu par la faute des géographes » 2, Wieland ne s'assure pas seulement sa liberté avec la logique des faits; sous la patine du conte, il pense faire accepter sa critique par des despotes plus ombrageux que son shah Gébal, sans qu'ils en « accusent le miroir, ni la fabrique d'où il sort »3. Si son sultan a perdu un peu de la complaisante jovialité de son oncle Baham de l' Êcumoire, lequel « ferait autant d'honneur à son auteur, que Sancho Pança à Cervantes » 4, il est d'autant plus difficile sur la qualité des histoires dont on doit l'endormir. Au lieu des plaisantes inventions dont Shéhérazade avait une si jolie maîtrise, il lui faut des contes vrais, ou du moins assez vraisemblables pour attiser son sens critique, et amuser sa réflexion. Il veut bien écouter les sottises et les malheurs de « ses bons frères de Chéchianie », mais il surveille son philosophe du coin de l'œil, l'arrêtant par un triple bâillement, s'il s'avise de sermonner. Il l'oblige ainsi à jouer serré, à envelopper sa pensée, à biaiser, afin d'éviter les pièges qui lui sont tendus. Bien que l'intimité de la chambre à coucher autorise quelque familiarité, le bon Danichmende n'est qu'à demi dupe de l'indolente curiosité de son maître. Renonçant à composer avec son autorité jalouse, il finira par s'abandonner, ainsi qu'Agathon chez Denys, à sa « généreuse folie » et perdra ainsi le bénéfice de son zèle.

Si les sentiments que l'auteur lui prête ne doivent pas manquer de le faire aimer lui-même « de cœur et d'âme », comme il s'en flatte vis-à-vis de Sophie La Roche, il ne donne pourtant son Danichmende que pour un déguisement de son esprit, ne lui ménageant pas plus l'humour qu'à Diogène. Cette ferveur humanitaire, cette candeur philosophique n'allaient pas chez Wieland sans un grain de « sel socratique ». Avait-il renoncé à développer l'activité d'Agathon à Syracuse, sous prétexte qu' « à une époque, où l'art de

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