‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 443 sur 505 · Gedanken ilber eine aile Aufschrift. H. XXXII, p · texte numérisé non relu

Gedanken ilber eine aile Aufschrift. H. XXXII, p

gouverner était arrivé à un si grand degré de perfection, un tel exposé ne servirait pas plus que les rêveries de l'abbé de Saint- Pierre » *, ce n'est pas à Erfurt qu'il allait perdre son scepticisme de Warthausen. Avec tout leur attrait pour son imagination, le» illusions d'Iselin, de Marmontel ou de Mercier ne lui cachaient pas la réalité 2. Toutefois, pour s'accréditer auprès des princes, il fallait faire le visionnaire. Le Bélisaiie n'avait-il procuré à son auteur la faveur de deux impératrices? Sous le couvert d'une anticipation, la satire se faisait recevoir là où risquait d'offusquer la franchise audacieuse des Mœurs de Toussaint ou du Système de la nature de d'Holbach. Combien le roman politique était alors en faveur, rien ne le montre mieux que la publication, quelques mois avant le Miroir d'or, de l' Usong de Haller et del' Agathocrator de Basedow 3.

Depuis Cyrus, Wieland caressait un tel projet, sans trop savoir ce qu'il en ferait. Avait-il soutenu un moment contre Iselin la doctrine théocratique, il avait été ramené au déterminisme par Helvétius et Voltaire, sans renoncer toutefois complètement à son libéralisme helvétique. Sa raison n'arrivait pas à s'accorder avec son sentiment. Tandis qu'il entreprend de faire son procès à la monarchie de Louis XIV et de Louis XV, il propose à un souverain qui ne lui est pas moins étranger, encore qu'il prétende avoir pour lui un attachement « qu'il partage avec peu de potentats », une constitution qui laisse la voie ouverte aux mêmes abus. Partagé entre l'idéal patriarcal et l'individualisme humaniste, il glisse de la raison à l'utopie. Faute d'expérience politique 4, il n'a que des idées théoriques sur le gouvernement et l'économie d'un grand Etat; il ne peut que reproduire les griefs et les revendi-

1. Agathon, Ed. 1767, II. p. 208 s. H. III, p. 42. Cf. Euph. XIII, p. 617.

2. Sébastien Mercier, Van deux mille quatre cent quarante a' il en fut jamais (éd. de Londres. 1772). D'après Seuffert, Euph. XIII, p. 619, W. n'aurait connu l'ouvrage de Mercier qu'à la fin de 1771, et ne l'aurait utilisé que pour la dernière partie, mais 0. Zollinger, Zeitsehr. j. jrz. S proche und Lit., XXV, p. 88 ss., signale des rapprochements dès la 2e. Voir W. Kurrelmeyer, Berichl mm 9. Bd. (A XI).

3. Widmann, Hallers Staatsromane und Ilallers Bedeutung als politischer Schrijtsteller, Biel 1894. Ce critique ne croit pas à l'influence d'Usong sur le roman de Wieland, vu la date tardive où W. a connu cet ouvrage. Sophie L. R. l'a signalé à W. le 10 sept. 1771.

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