‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 445 sur 505 · II. XVIII, p · texte numérisé non relu

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rythme de la nature. La vie s'éclaire de la lumière du soleil, et non « de la clarté funèbre d'un lumignon dans un caveau ». Qu'apporterait à ces sages le derviche, en qui s'est déguisé l'Émir déconfit et converti? Il n'éprouve pour eux que jalousie et ressentiment, de même que « les moralistes atrabilaires », qui contestent aux esprits lucides leur sérénité. Comme s'ils n'étaient pas, ces poètes et ces artistes, les gardiens de « l'image sainte de l'humanité », qu'ils défendent, tant contre les voluptueux qui la souillent que contre les puritains qui la mutilent *•.

Que cet état de grâce esthétique ne soit pas à l'abri des retours de fanatisme, ni de la corruption du luxe, Psammis ne l'ignorait pas plus que Sévaris. Mais ses mesures de protection ne peuvent que retarder l'évolution qui, dans cette vallée privilégiée, pas plus qu'ailleurs, ne permet d'arrêt. L'harmonie recherchée entre la culture et la nature n'est qu'un moment, si elle n'est pas une illusion. Toutefois, pour n'être qu'un idéal, ce bonheur n'en est pas moins la fin de notre développement 2. Comme il ne saurait être jamais que le privilège d'une élite, que « tout le monde ne peut être philosophe ou virtuose », il importe seulement que la législation n'étouffe pas la vie spirituelle. Il faut accepter les risques du progrès, avec les tares d'une organisation de plus en plus étroite, pourvu que la nature conserve assez de jeu pour réparer les dégâts de la civilisation, de façon que l'humanité poursuive sa destinée, en dépit des obstacles qui entravent son développement.

Quels sont ces obstacles, Danichmende doit le montrer par l'exemple d'une nation aussi évoluée que la France, et dont les vicissitudes sont imputables à son gouvernement comme à sa religion. S'il insiste davantage sur la responsabilité de l'Église, ce n'est pas seulement pour complaire au sultan, plus curieux des intrigues cléricales que des devoirs d'un monarque. Le philosophe plaide évidemment sa propre cause. Par solidarité avec l'auteur des Lettres sur le Monachisme, et parce qu'il se trouvait mieux à l'aise sur ce terrain, Wieland poursuivait l'attaque commencée dans les

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