‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 49 sur 505 · A. Br., I, p. 2" s. (Complété sur le manuscr. de Zurich · texte numérisé non relu

A. Br., I, p. 2" s. (Complété sur le manuscr. de Zurich

son réveil, lui ouvre les bras, « les lèvres offertes aux baisers et le regard éperdu » x, ou encore une félicité future, dans laquelle « les âmes embrassées oublieront le ciel » 2, il ne fait que jouer des motifs qu'il combine pour leur effet, sans penser à s'exprimer par eux. « On ne saurait me reprocher un amour romanesque, ni même un amour ordinaire 3. »

De même, l'influence de Young, que Bodmer lui recommande, contribue à accentuer l'attitude contemplative à laquelle Klopstock l'avait déjà disposé :

Quel apaisement dans mon cœur! ... Tout le monde est mort pour lui, plus rien n'existe... De ton univers infini, ô mon Dieu, il ne reste que Doris ...4

Wieland verse alors dans le romantisme du nocturne, de la mélancolie du clair de lune :

Tout repose autour de moi, dans les bois et la vallée endormie; c'est à peine si les rougeurs du crépuscule sont évanouies, et déjà règne la paix de la nuit. Sous sa couverture légère, la nature repose dans un sommeil vaporeux... la nuit mélancolique est pleine de charme; je savoure dans l'obscurité la douceur de cette paix, alors que les soucis font trêve...

Que ce ton assourdi convienne mieux à sa nostalgie, il n'est peut-être pas plus vrai que l'extase séraphique; ni, non plus, que le badinage anacréontique, auquel l'auteur se prête à l'occasion6.

Aurait-il à se défendre de cet engouement, qui corrige la prétention poétique des Odes? L'exemple de Platon, prêtant l'oreille aux chants légers du poète de Téos$, justifierait, s'il le fallait, ce divertissement auquel l'esprit a plus de part que le goût.

t. A 1, p. 221. (An eben dieselbe.) 1. Al, p. 220. {An seine Freundin.)

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