‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 50 sur 505 · A. Br., I, p · texte numérisé non relu

A. Br., I, p

C'est un jeu de la fantaisie, en imitation de Gleim et de Uz. L'étudiant aurait mauvaise grâce à se montrer plus rigoriste :

Pourquoi traiter si cruellement le tendre ami de Bacchus de Cythère? N'est-ce pas assez qu'il soit relégué hors de la nature? Doit-il être banni aussi de la poésie, ou seulement cité pour recevoir des reproches?... Je l'aime effectivement, il me tient lieu des Catulle, Properce et leurs semblables, que je n'ai jamais lus l.

Libre à Bodmer de le croire sur parole. Quoiqu'il en soit, on peut accorder à Wieland que le plaisir qu'il prend au déguisement de la volupté n'est pas très différent de celui qu'il goûte à transposer son sentiment. Les baisers qu'il demande à sa Doris ne le grisent qu'en imagination. A quelle Doris d'ailleurs s'adresse son invite? « Que tes baisers sont doux ! Le paradis de Milton serait désert, s'il ne contenait des charmilles pour y embrasser ma Doris 2. » 11 ne paraît pas que Sophie-Diotima ait part à ce jeu désinvolte. Doit-on penser à l'amie de Tubingen, cette énigmatique Ismène, que nous retrouverons plus loin 3?

On pourrait négliger cet échantillon de poésie anacréontique, s'il n'avait été publié à la suite d'un essai assez audacieux, un Art (l'ai mer*; ce qui accuse sa signification. L'auteur ne trouve-t-il pas aussi, dans les Minnesànger, que Bodmer lui fait connaître, quelque analogie avec Hagedorn et Gleim5?

Pour affecter l'allure d'une réfutation de YArs amandi, ce nouvel ouvrage pourrait passer aussi facilement pour une contrefaçon. Pas plus que Y Anti-Lucrèce, il ne s'attache à l'original,

1. Cf. A. Br., p. 27, 41, 72, 79 et L. à Volz (Morgenbl., 1839, n° 96, p. 382).

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