‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 58 sur 505 · A. Br., I, p. 8 s · texte numérisé non relu

A. Br., I, p. 8 s

2. Vorrede, A I, p. 223. Cf. A. Br., I, p. 33 : « Mein zartliches Herz hat sich, seit es sich fùhlt, darnach gesehnt, die Liebe der Edlen zu verdienen... Sie sind meine Vorgânger, meine treuen Begleiter auf dera Wege der Weisheit. »

4. L'éloge de Socrate, dans cette épître, est sans doute un écho des Épitres diverses, où le philosophe grec fait figure de virtuose souriant et ami du plaisir. Cf. B. Bohm, Socrates im 18. Jahrhunderl. Leipzig, 1929.

morale antique pour apprendre à opposer à l'adversité un courage égal et à s'asseoir au festin de la vie, la tête couronnée de roses? Attitude héroïque et souriante, chez Epictète comme chez Épicure : celle dont rêvait, sur les bancs de l'école, une génération nourrie de Plutarque et d'Horace, à laquelle appartiennent aussi Winckelmann et Lessing.

Pour l'élève de Klosterberge, la vie s'était fixée de même dans la forme de l'idéal hellénique.

Sous les voiles du rêve, souvent me visitent les dignes anciens : j'entends ta voix, ô mon Virgile; je te vois en compagnie de Lange, spirituel Horace. Quand vous vous évanouissez, je voudrais soupirer avec Anacréon : Ah ! que ne puis-je me rendormir * !

Ne semble-t-il pas qu'avec l'ère des Olympiades soit révolue la jeunesse du monde2? « Le sentier par lequel passait le philosophe est encombré d'épines, et la vertu effarouchée s'est enfuie, abandonnant ses enfants dégénérés 3. »

Mais il reste un souvenir que perpétuent l'art et la poésie. L'utopie classique, qui depuis l'enfance concourait avec l'utopie spiritualiste dans son imagination, a fini par avoir raison des « météores » et des démons qui tourmentent ascètes et puritains 4. Sans donner dans la mollesse des sybarites, Wieland se recommande d'un naturalisme raisonnable, d'une adhésion à la destinée terrestre 6. Pourquoi chercherait-il dans les nuées ce qu'accorde l'existence? Qu'enseignait Diotime à Socrate, si ce n'est « le secret qu'aucun sophiste ne possède, le doux art d'aimer »6? Il ne dépend que d'une autre Diotime, que « la lande désolée ne fleurisse à nouveau »', et que la triste vie moderne ne se transforme en idylle arcadienne. Pour des amants fortunés, de nouveaux jardins d'AJcinoùs peuvent

1. XII, v. 25 ss. (A I, p. 303). Cf X, v. 19 ss. (A I, p. 285 s.)

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