‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 59 sur 505 · IX. Cette 6pttre a disparu dans la 2e éd · texte numérisé non relu

IX. Cette 6pttre a disparu dans la 2e éd

fleurir. Mais Ulysse ne préférait-il pas l'aride Ithaque, où l'attendait Pénélope x?

Ainsi la vie le dispute à l'âge d'or dans l'esprit de l'étudiant. Qu'il dispose de la baguette magique pour susciter des paysages « où le soleil possède un plus vif éclat, où le ciel est plus ardent, l'air plus salubre, les fleurs plus épanouies » 2, où l'existence « serait belle et douce », il ne manque pas non plus de motifs pour l'accepter telle qu'elle lui est donnée, pourvu que le sort « ne dénoue pas les nœuds qui attachent deux cœurs tendrement unis » 3. Plutôt que de s'opposer au réel, l'idéal ne fait que le dépasser comme un fond qui le mettrait en valeur. De même que la vertu gagne à paraître dans un beau corps 4, le bonheur a besoin de se parer de sagesse : « Ce cœur que tu aimes, promet-il à son amie, je le conformerai à tes vœux, je le cultiverai patiemment5. »

Quand il aura acquis quelque expérience et un peu d' « esprit socratique », Wieland sourira de la candeur dont s'enveloppait le rêve moral de son adolescence. Au lieu des « qualités de l'homme du monde, jointes au talent de poète, comme les possédaient Horace et Pope, il n'avait alors de l'homme qu'une idée prise dans des livres, il vivait au milieu de fantômes » 6. C'est pourquoi il n'a pas évité l'exagération ni la contradiction. Il a mêlé les doctrines et combiné les préceptes au gré de l'inspiration et du sentiment 7. Et pourtant, quoiqu'il s'approprie de la pensée désabusée de de Bar et du rationalisme des revues morales, il ne s'écarte pas trop de sa ligne, cherchant déjà un compromis entre son vœu sentimental et son intelligence. Fort de son enthousiasme pour la vertu, il croyait tenir, comme il dit, la vertu elle-même :

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