VIII, v. 193 ss. (A I, p
6. Vorberichi, 1762 (A I, p. 307). Les remaniements les plus importants sont signalés dans H. par des astérisques (vol. 39).
7. Ainsi l'idéal du sage, dans VII, v. 103 ss., qui devrait unir le scepticisme de Cicéron à l'enthousiasme de Platon, l'expérience de Xénophon à l'ironie de Théophraste, la gaîté d'Anacréon au courage de Sénèque. Cf. VI, v. 72 ss. ; XI, v. 129 s. (A I, p. 261, 300).
une vertu sans effort ni renoncement, puisqu'elle n'est qu'un mirage.
En regard de cette indication psychologique, le contenu de ces Épîtres morales, qui parurent au printemps 1752, n'a d'autre intérêt que celui de renseigner sur l'information de l'auteur et ses procédés de composition 1. Wieland est déjà rompu à la pratique du cliché et du lieu commun. Il sait dépouiller les compendiums, tirer profit de toutes ses ressources. L'érudition s'étale, aussi imposante que dans le poème de la nature. Mais cette concession au pédantisme didactique ne va pas jusqu'à lui faire oublier qu'il s'adresse aux honnêtes gens. Le jeune auteur aimerait à effacer le pli que l'application a marqué dans son esprit, craignant qu'on dise de lui comme d'un ministre dont parle de Bar2 :
Il s'est gâté l'esprit pour devenir un sage, 11 a su réussir : je le plains, c'est dommage.
Manifestement, il a cherché le bon ton; il s'est rapproché, et pas seulement par l'emploi de l'alexandrin rimé 3 et de la forme sentencieuse, de l'esprit de nos moralistes. Il appartenait à Hagedorn de prendre cet ouvrage pour un discret hommage 4.
Mais à peine Wieland a-t-il senti que ses meilleures chances sont à Zurich, où l'on est disposé à l'inviter, à le retenir peut-être, s'il se modèle sur Bodmer. Sans doute, les Épîtres morales n'étaient pas pour déplaire au critique. Aux grandes figures du passé, Socrate, Pline, Horace, Wieland a d'ailleurs pris soin, dans une ode à Bodmer, de substituer des vivants, en particulier Breitinger et lui-même. « Quel bonheur, si mon destin, encore mysté-
1. Voir Doll, Die Bcnulzung dcr Antike in Wielands Moral. Briejen. Eichst&tt, 1903, et son art. dans : Studien. fur vergl. Litgesch. VIII (1908), p. 401 ss.