‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 63 sur 505 · A. Br., I, p. 51. Cf. p · texte numérisé non relu

A. Br., I, p. 51. Cf. p

2. Erzàhlungen, Heilbronn, 1752. Les contes parurent en juin (A. Br., I, p. 86). La composition semble dater d'avril et de mai, après celle de l'Anti- Ovide (A. Br., I, p. 45). (L. à Volz du 2 juin 1752 : Morgenbl., 1839, p. 381.) L'influence de Bodmer se fait déjà sentir dans la typographie (en caractères latins) et aux particularités orthographiques. La déclaration liminaire se recommande de la « chaste muse couronnée de myrtes et de roses ». « Flieh I Pôbel, den ich hasse, flieh den Hayn, /Wo meine Lieder schallen ; flieht ihr Ohren,/ Die nie die Harmonien derNatur/ Und nie der Tugend Seraphstimme horten.» (Eingang, v. 54 ss.) Déjà en mars W. avait écrit à Schinz : « Ich habe von der Dichtkunst keinen kleineren Begriff, als dass sie die Sângerin Gotles, seiner Werke und der Tugend sein soll. » (A. Br., I, p. 56.)

3. A. Br., I, p. 95. Les trois épisodes, tirés des « Saisons », ont paru sous le titre de Latina, Damon, Céladon et Amalie, à la suite du recueil de Pyra et Lange, Thyrsis und Damons jreundsehaftliche Lieder (1745). Ils ont été réimprimés dans les D. Lit. Denkmale, n° 22 (1885). La trad. est attribuée à Bodmer par Sauer, dans la préface; cf. Anz. f. d. Altertum XII (1886), p. 89; et à Sulzer par Th. Vetter, Bodmers Denkschrift zum CC. Geburistag, Zurich, 1900. p. 341. Le sujet de Damon à pu être repris plus tard par W. dans sa Musarion. Cf. A. Br., I, p. 93.

Pygmalion u. Elise avait paru dans : Neue Erzàhlungen verschiedener Verfasser, (1747), puis, avec le Damon oder die Platonische Liebe, de Sulzer, en 1749. Cf. Vierteljhrschr. fur Litgesch., IV (1891), p. 186 s. 11 est inspiré sans doute par le Pygmalion ou la statue animée de St.-Hyacinthe, dont une trad. parut à Hambourg en 1748, et que W. avait utilisé pour son traité philosophique à Klosterberge. Cf. la I.. de .1. E. Schlegel à Bodmer du 18 sept. 1747 (Anhiv. fiir Litgesch. 14, p. 56, et Vierteljhrschr. fur Litgesch., I, p. 40 s.).

La version de Bodmer est un conte moral dans le cadre d'une robinsonnade. Réfugié dans une il'1 déserte, après le déluge de Deucalion, afin dV< happer aux poursuites des femmes de Chypre, Pygmalion, d'ébauche en ébauche, crée la statue qu'il anime par ses caresses. A sa compagne, il révèle alors les grandes vérités de la religion naturelle. Cependant celle-ci ne partage pas son égotsme et recueille des naufragés, qui se trouvent être les propres parents de Pygmalion.

ficiels et libertins » pour les Anglais, « ces penseurs noblement virils et parfois séraphiques »?* Les Nouvelles lettres critiques et le Crilo préconisaient, en effet, le sentimentalisme de Young 2 et de Thomson 3, propagé en Allemagne par Brockes et Ewald von Kleist. Wieland, qui ne lisait pas encore l'anglais, a vite fait de s'assimiler, au moyen de traductions, le ton édifiant de cette « peinture morale », à laquelle Elisabeth Rowe, l'auteur alors encensée des Lettres des morts aux vivants, ajoutait son coloris mystique4. Donnant congé à la muse enjouée d'Horace, Wieland invoque une muse chaste et grave, celle-là même qui, à Klosterberge, le visitait la nuit, « quand déjà les étoiles pâlissaient », pour le vouer à sa vocation 5.

Avait-il naguère raffolé des récits spirituels de Hagedorn et de Gellert 6, et sans doute aussi, par derrière, de ceux de La Fontaine, voire de Boccace, il s'empresse de les renier, de peur « d'en souiller son âme », déclarant « haïr l'esprit qui sape la vertu, et devient impudent ». Il va prendre modèle sur un genre d'apologue qui prête à la réflexion morale et à la sentimentalité. Thomson, dans

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