Cf. A. Br., 1, p. 81 et p
il lui confère une valeur symbolique. La vue n'ouvre pas un autre monde; elle confirme la valeur pressentie de l'existence.
O vie, que sanctifie le reflet divin, que ne mérites-tu pas notre terrestre amour!... Puissent les hommes, puissent-ils tous affirmer leur bonheur ' !
En attribuant à l'amour cette magie, Wieland projette au dehors l'illusion du cœur, au lieu de demander, ainsi que d'autres poètes, Brockes, Haller, Kleist, à la nature le thème de sa rêverie. Il ne songe pas tant à décrire qu'à suggérer. Du récit du Tatler, il fait un conte poétique.
C'est encore à des revues anglaises qu'il doit le sujet de Séréna ou Les Malheureux, de Melïnde, et de Balsora 2, tandis que celui de Zemin et Gulhindy lui est fourni par Gueulette, dans les Mille et un quarts d'heure3, et que le Mécontent lui vient d'un récit de J. A. Schlegel, paru dans les Contributions de Brème*. Car il n'est pas « un génie créateur », il manque d'imagination. Il prend donc son bien où il le trouve5. Mais les histoires qu'il traite, il en fait des aventures de rêve, il les « idéalise » au point qu'elles ne sont plus d'un lieu ou d'une époque, qu'elles perdent leur réalité. Ce n'est pas faute de disposer de la Bibliothèque d'Herbelot, ou de celle de Hottinger, qu'il manque la couleur orientale dans Zemin et dans Balsora 6.