Vorbericht, 1770 (A I, p
2. Gruber2, IV, p. 44, etZusatz, dans les Werke, 1797 (A I, p. 426). W. avait envisagé la refonte des contes en vers rimes dès 1764 (A. Br., II, p. 251); cf. D. Br., I, p. 19. Il se borna en réalité à des retouches pour l'éd. 1770 (cf. A. Br., II, p. 341).
3. Composé en même temps que les contes, der Frûhling parut à Tubingen au début de juin. Le projet était annoncé le 18 avril à Schinz (A. Br., I, p. 71), Bodmer fait parvenir à W. le 2 mai des directives pour l'exécution. C'est sans doute ce qui détermina W. à choisir l'hexamètre au lieu de l'hendecasyllabique, qu'il était tenté d'adopter, par imitation de la poésie anglaise et italienne (A. Br., I, p. 78).
4. Sur l'influence de Kleist, cf. Sauer, dans son éd. des œuvres de Kleist, I, p. 161. W. s'est inspiré surtout de Thomson, et pour la forme, de Klopstock. Il a pu prendre dans Kleist quelques thèmes : contraste de la nature et de l'âme malheureuse; mépris de la gloire et de la richesse, par opposition au bonheur simple donné par la vertu ; nostalgie amoureuse, etc.
5. A. Br., I, p. 78. « Mein Gedicht wird mehr gelegentliche Betrachtungen, die der Friihling veranlasst, als eine Schilderung des Friihlings enthalten. »
nouit à l'évocation de Doris. La nuit s'anime alors de parfums et de musique, du brouillard argenté se dégage « la beauté voilée » qu'il dérobe. L'auteur a beau affirmer fièrement : « Non, jamais je n'ai désiré le bonheur que recherchent les humains; jamais un vain charme n'a fasciné mon esprit, conscient de bonne heure de son aspiration infinie ! x », on perçoit la résignation et le regret. A la place d'un hymne, c'est une élégie que lui inspire ce printemps de la vingtième année.
Wieland doit étouffer « les plaintes et les désirs »; la faveur de vivre auprès « du sage Sipha » est à ce prix 2. Il faut que sa jeunesse se résigne « à une retraite cachée » 3. Que Bodmer exulte, trouvant que ceteris paribus « il aurait senti le printemps de la même façon » 4 Wieland ne se détache pas sans tristesse de sa belle illusion.
« En ce qui est de ma Doris et de moi, peut-être sommes-nous destinés, par un sort mystérieux, à rester séparés ici-bas et à souffrir »5. Rentré à Biberach à la fin de juin 1752, il y attendait sa fiancée, retenue à Augsbourg par son père, qui la pressait de dénoncer sa liaison chimérique. Allait-elle rester indéfiniment suspendue à la fortune incertaine et à l'humeur versatile de son cousin? Non seulement il ne rapportait de l'Université que des succès littéraires, sur lesquels ne pouvait se fonder un foyer, mais il annonçait une nouvelle séparation de durée illimitée 6. Et de quelles chicanes, de quelles inconséquences ne l'avait-il