‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 80 sur 505 · CHAPITRE III CHEZ BODMER · texte numérisé non relu

CHAPITRE III CHEZ BODMER

Après un arrêt à Wesperspùhl, près d'Andelfingen, dans la propriété de Christophe Billeter, un oncle de Salomon Gessner, chez qui H. Schinz était précepteur, Wieland arriva le 23 octobre chez Bodmer 1. Au pied du Zuricherberg, dans les vignes et les vergers, le chalet demi-rustique du Schneegeli dominait la ville et le lac, découvrant le paysage magnifique offert à Klopstock dans « l'invitation au poète »:« Derrière, la montagne... couronnée de sombres sapins; en face l'Utli, avec ses voisins l'Albi et le Heitel, montent jusque dans les nues; au pied, la cuvette étincelante du lac, et le débouché de la vallée luxuriante de la Limât, qui avec sa sœur la Sihl, s'échappe des murs. Au loin, dans le sud, sur les Alpes, la neige éternelle resplendit au soleil... 2. » Ce panorama, que, d'un seul regard, Goethe imprima dans son esprit3, Wieland allait l'avoir pendant plus d'une année sous les yeux.

La vie y était frugale, selon les mœurs du temps et la convenance du professeur, confiné dans son « museo » lambrissé de sapin, aux poutrelles décorées de guirlandes, où trônait, près de la fenêtre, le monumental pupitre, devant les bancs des élèves, avec quelques chaises de paille pour les visiteurs 4. C'est là que Wieland

1. W. quitta Biberach le 15 oct. Il était à Wesperspiilil le 17, et arriva à Zurich le 25. Cf. Bodmers Tagebuch, hgg. von Bachtold, Jubilaumse.hr. der allgem. geschichtsforschenden Gesellschaft d. Schweiz 1891, p. 191.

■1. l'rrlangen nach dcm Dichter, cité par Morikofer : Klopstock in Zurich. p. 36. Dans Apollinarien, p. 182, le texte est un peu ren

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