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8. J. G. Siilzeb, dans ses Gedanken fort dem vorz&glichen Wert des rpischen Gedichts des ll,rm Bodmer (Berlin. 1754), p. 29, loue l'auteur de se montrer tour à tour en naturaliste, en astronome, en technicien, en philosophe, île ne rien laisser échapper des connaissances utiles.
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niosité de la transposition, sans se demander si la peinture directe n'eût pas été plus efficace. Il admet aussi bien, comme le privilège du merveilleux poétique, les inventions les plus bizarres, telle que l'aéronef qui sert au démon de machine de guerre contre les anges, ou la décoration de l'arche par l'archange Gabriel au moyen des scènes de la Passion 1.
En vertu des droits de la fantaisie, il accepte de même les emprunts hétéroclites, dont Bodmer croyait orner son ouvrage, l'épisode d'Ugolino, la légende des Danaïdes, Abbadona, l'ange déchu de Klopstock 2. Qu'un Séraphin vienne faire le procès de la poésie libertine et condamne par avance Catulle et Ovide, c'est encore une beauté de l'ouvrage3. Le merveilleux, même s'il se réclame de la foi, n'est tout de même qu'un procédé allégorique, destiné à rehausser la fable. Peu importe qu'il se mêle au naturel de la façon la plus arbitraire : dans ce bariolage, Wieland ne veut voir que la profusion d'une imagination exubérante, fût-il l'effet d'interpolations, de « greffes », comme Bodmer appelait ses emprunts à Virgile, Dante, Milton ou Shakespeare, par lesquels il pensait légitimer son poème, lui conférer comme une authenticité artistique, ainsi qu'un antiquaire justifierait son maquillage par quelques détails pris à des meubles anciens. Le commentateur ne distingue pas davantage entre le trivial et le naïf, entre le réalisme de la peinture flamande et la platitude des descriptions dans la Noachide, louant son auteur de nous mettre en présence des choses, si bien « qu'on croit les voir ou les entendre » 4.
1. A III, p. 318. Wieland cite un fragment où il se trouvait annoncé comme le disciple de Bodmer (A III, p. 496). Sipha, en qui Bodmer se figure lui-même, tient :i la fois du philosophe et du savant. Il connaît V Essai sur l'Homme de Pope, les découvertes de Galilée et de Newton, et les lois de la reproduction des plantes, révélées par Malpighi et Ray (A 111, p. 380 s., 433). Dégagé des passions, il attend une mort « socratique », après avoir épuisé toutes les curiosités de l'esprit.