A III, p
4. A III, p. 397 : « Ich erinnere aber zur Rechtfertigung unsers Dichters, dass es nach den Erinnerungen vortrefflicher Kunstrichter ein Fehler Virgils und anderer epischen Poeten ist, dass ihre Personen meistens eben so poetisch denken und reden als sie selbst; ferner, dass das Poetische im epischen Gedichte gar nicht in dem prachtigen Ausdrucke, sondern in der Fabel, in der Nachah-
Qu'il se laisse ainsi prendre, ou qu'il se prête, avec cette docilité, aux artifices de cette composition baroque, Wieland n'en pénètre pas moins les secrets de la facture; il se rend compte des qualités de l'expression, il décèle les ressources de la peinture poétique, s'attache à la technique K De la sorte, il s'habitue à considérer l'œuvre du dehors, à juger de son action sur l'imagination du lecteur. La recherche de l'effet va se substituer à l'inspiration, favoriser une virtuosité d'imitation à laquelle il n'était que trop enclin. Plutôt que de suivre son goût, il se réglera sur celui des autres, sur la mentalité de son milieu. Pendant son séjour à Zurich, sa production tendra à se détacher de sa vie.
D'autre part, en se liant à une convention morale 2, Wieland s'oblige à une intransigeance contraire à son tempérament; il se force à une attitude qui fixe son esprit et arrête son développement. Épousant les idées et les sentiments de son patron, il s'efface dans son rôle de disciple. Aussi ne mesure-t-il pas la portée de sa polémique. Dans la défense de la Noachide, il prend à partie, non seulement ceux qui l'attaquent, mais aussi ceux qui se refusent à l'admirer, comme Haller et Ramier, lequel, pour sa réserve, se voit traité « d'esprit précieux, infatué et subtil »3. Contester le merveilleux chrétien, c'est se déclarer contre la pureté et l'innocence du cœur. C'est ainsi qu'il se tourne contre les anacréon-
mung, in den Charactern, Sitten, Gemiïtsbewegungen, und anderen natiirlichen Gemâlden zu suchen sei, und dass von dem Ausdrucke weiter nichts verlangt werden kônne, als dass er allemal den Gegenstànden und iiberhaupt der ganzen Handlung des Gedichtes gemâss sei. »
1. Le critique défend à la fois le réalisme ou le naturel, et l'idéalisme de la peinture. 11 admire la justesse de l'expression et la richesse des métaphores, le détail familier et le sublime. 11 s'attache avec Bodmer à l'élément pittoresque et à l'élément universel de la poésie : A III, p. 513. Il se retourne aussi bien contre le plat bon sens d'un Stockhausen, qui, dans sa Sammiung vermischler Briefe, Helmstâdt, 1752, faisait des réserves sur le « merveilleux » de la Messiade (A III, p. 517 s.), que contre Gottsched.
2. L'idyllisme s'exprime dans la vie familiale de Noé et de son épouse Milca. Vieillards centenaires, ils sont entourés de plusieurs générations, dont le bonheur est f;i i t d'innocence et de vertu (A III, p. 332 s. et 371). La nature leur inspire
i i-rte des arts décoratifs : la tapisserie, la mosaïque, la peinture.
3. A 111. p. s:;. Cf. Schuddekopf, Ramier, Diss., Leipzig, 1886, p. 30; Zeitsdir. f. vergl. Lit.-Gesch. V (1892), p. 101 ; Vierteljrschr f. Lit.-Gesch. IV (1891), 1>. 228; I :r h nt, o. c, p. 175. H aller avait rendu compte de Noah dans GOtt. gel. Zeitg. 1750, p. 501 et 695, et en 1752, p. 623. Cf. Anz. f. d. Altert., 10, p. 244.
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tiques, au nom de la beauté morale. Champion d'une cause qu'il prend pour celle de la vcrXable poésie, il est amené à confondre le goût et la vertu. Son zèle s'échauffe à la flamme de son enthousiasme chimérique, dont il altère la sincérité. On s'en apercevra mieux dans ses interventions consécutives en faveur de la patriarcade.
Car Bodmer, ravi de la complaisance de son disciple, ne manque pas de lier plus étroitement sa fortune littéraire à celle du futur « grand homme » qui doit éclipser Klopstock *. Dans le Retour de Joseph de Haran, l'auteur, dans la personne du prophète Asaph, tend symboliquement à son jeune disciple une lyre d'or, en vue d'un tournoi poétique, que celui-ci décline, ne pouvant lutter avec l'homme qui l'accueille dans sa maison 2. Il ne peut cependant lui refuser de préfacer une nouvelle édition du Déluge, poème où il figure, sous le nom de Dioclès, en qualité d'héritier de l'aède3, ni à mettre la main, en guise d'approbation, à une nouvelle élucubration : Jacob et Rachel*. Plus manifestement encore, il se solidarise avec son maître, en défendant, dans une revue zurichoise, Dina et Sichem, et surtout Joseph et Zulica5.
1. A Zellweger, 7 déc. 1752 (Zehnder, p. 363) : « Wenn die Deutschen es vnrdienen, so kann er (W.) kiinftig Dienste tun, die Leibniz ihnen tun wùrde, wenn er zu unsern Zeiten lelile. Jetzt zeigt er sich noch in seiner Morgenrôte. Er sinnt schon auf ein Gedicht, welches Klopstocken den Gipfel, worauf er sitzt, kann streitig machen. » Cf. à Hess, 27 nov. et 5 déc. (Euph. Ergzh. 3, p. 90), et à Zellweger 12 nov. : « Er hat grosse Dinge im Kopfe, nicht nur poelische, die Menschen zu Gott und zur Tugend zu fiihren; es fehlt ihm nur, dass er kein Fiirst ist. »
2. Josepks Wiederkunjt von Haran, Ein Gedicht, 1753 : « Lange diente sie mir, nun kommt sie keinem Geringern. »
3. Die Syndflul, Ein Heldengedicht in fiinf Gesângen. Zurich, 1753, Chant IV, p. 81 s. « Denn mir verzog Diodes zu lang, und kam erst am Abend / meines Lebens, uni mir zu versprechen, das Alter der Erde/ habe noch Herzen wie Henas und wie der frommen Abusa. »
4. Jacob und Rachel, ein Gedicht in zween Gesângen, 1752. A la suite du 2e chant, une addition de 61 hexamètres, proposée comme variante, à partir du v. 363 (p. 56). Seuffert (Gôtt. Gel. Anz., 1896, p. 479 s.) l'attribue à W. (Cf. Proleg., I/II, n° 34), tandis que pour Budde.o.c, p. 71 s. elle serait de Bodmer. Elle figure dans A IV, p. 1-3.
5. Briefe iiber die Einjùhrung des Chemos und den Character Josephs in dem Gedichte : Joseph und Zulika, 1753, parus à la suite de : Der erkannte Joseph und der keusche Joseph, 2 tragische Stiicke, 1754... Les Freymilthige Nachrichlen avaient déjà apporté, en 1 753, le Schreiben eines Junkers vont Lande an Herrn*** in Zurich iiber die Gedichte Joseph und Zulika, und Dina und Sichem (A IV, p. 22 ss.) qui semble être de W. D'autre part, un fragment a été retrouvé par
Or, ce qui passe au premier plan dans ces témoignages, c'est de plus en plus l'intention didactique.' C'est en faveur de l'ingénuité, que Wieland cherche à secouer l'apathie du public. N'y va-t-il pas du bonheur et du salut ?x Telle est l'illusion du jeune bodmérien passé sous la bannière de la « Muse de Sion », qu'il en vient à récuser la nature comme dépravée, dès qu'il s'agit de la candeur biblique. Si Joseph déjoue sans émoi la tentation de Zulica, c'est parce que, dans cet état de grâce, « les mauvais instincts n'existent pas » 2; à ses yeux, Zulica n'est pas plus qu'une « fleur des champs », que Joseph peut regarder avec la même sérénité que les autres œuvres du créateur. Il caresserait plutôt une vipère. D'ailleurs, « toutes les filles du monde ne méritent pas qu'une âme perde un seul instant possession d'elle-même »3. S'il accorde à Bodmer son rationalisme insensible, et s'il se transporte lui-même dans ce paradis de l'innocence, c'est qu'il y goûte surtout le charme « que l'on ne peut définir, mais que l'on sent par un tact délicat, et dont on peut dire qu'il est le reflet d'un bon cœur », ainsi qu'il définit la naïveté dans le dictionnaire des beaux-arts de Sulzer4.
Ce charme, il l'attribue particulièrement aux héroïnes de Bodmer, les filles de Sipha, la Sunith du Déluge, ou la belle indienne de la Colombona, une réplique de la Zilia de Mme de Graffigny. C'est reconnaître qu'il est lié à la grâce du corps, qu'il participe au plaisir physique. A cause de cet élément idyllique, de cette tendresse innocente, la poésie de Bodmer lui semble recevable « pour les mêmes raisons » que la Messiade 5. Substituant à une réalité
Seuffert, Zufàllige Gedanken bei Durchlesung Josephs und Zulika (A IV, p. 25 ss.; Euph. Ergzh. 3, p. 94 ss.; et Gôttinger Gel. Anz., 1896, p. 483; Budde, o. c, p. 73 ss.).
1. Anzeige der « Weslphâliscken Bemûhungen zur Aufnahme des Geschmacks und der Sitien », A IV, p. 3 s. et Vorberwht des Gepriijten Abraham, A II, p. 103.
2. Remarquons que Bodmer a donné à la rédaction le cadre d'un pari entre le bon ange et le démon de la volupté. Celui-ci met tout en œuvre pour éprouver Joseph. Zulica n'est pas seulement parée de la ceinture de Vénus, elle est encore possédée comme Phèdre d'une folle passion. Joseph reste insensible, de même qu'il voit sans émotion trois jeunes beautés au bain.