‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 92 sur 505 · L. 4, v. 122 ss., A II, p. 34 s · texte numérisé non relu

L. 4, v. 122 ss., A II, p. 34 s

3. Dans le Brieftvechscl zweier Landpjarrer uber Wielands Brieje von Verstorbenen , publié seulement en 1793, dans Neues schweizerisches Muséum, II. IX, p. 689 ss., et X, p. 721 ss., Waser trace une caricature du jeune Wieland : «Ein jungerLôlîel..., so dijnn wie ein Rebstecken... wolle ein Reformator sein..., sitze bestândig im Hause..., habe DufTIin (sei pockennarbifr), trinke keinen Wein und gehe abends ordentlich mit einem Milchsiippli ins Bett; sei ein Erzscnmeichler, wem er es wohl wolle; daneben ganz dictatorisch, als ob er allein am besten wisse... »

sa cécité de la tentation 1, ce n'est pas à dire que l'on doive se boucher les yeux et « mourir en vivant ». De sa petite sœur, morte en bas âge, Séréna reçoit au contraire l'avis d'accueillir un bonheur discret, qui lui permettra de vivre pour elle-même, et de se cultiver 2. La terre n'est pas si déshéritée, qu'elle ne contienne de quoi nous satisfaire. Car « l'homme est fait pour sentir plus que pour connaître »3. Non seulement pour aimer, mais « pour sentir aussi, dans la forme, la vérité radieuse »; pour se pénétrer de la beauté du monde et contempler la divinité « dans le miroir de la nature » 4. S'il sait entendre la voix céleste, il s'adonnera à cet agréable devoir « qui illuminera son front d'un rayon d'amour ».

Ce que tu apprendras par ta raison, tu l'intégreras à ton cœur pai une grâce nouvelle. Tu apprendras l'art d'être heureux, de choisir entre les joies, de te tisser par toi-même, sans que tu implores le sort, un bonheur désintéressé, qui ne se flétrit pas. J'accorderai ton esprit et ton cœur, je réglerai tes inclinations conformément à ta fin, de façon que. dans le cercle des créatures, tu ne jettes pas une note discordante 5.

Cette fin serait-elle ailleurs que dans l'enclos domestique, auprès d'une compagne, qui, ainsi que Laure à Chariclès, peut nous donner par anticipation la félicité du ciel ? G Avec quel empressement l'époux défunt ne quitterait-il pas, pour la pénombre qui enveloppe Laure, les parages de lumière où s'ébattent les anges! « Car ici nie manque ma Laure, que je pleure dans mon souvenir; il n'y a pas ici, dans les bocages, de tendres soupirs, ni de cœur qui exulte à mon approche ". » Et quel enchantement pourrait valoir « le spectacle de l'enfant qui cache son visage rose dans le sein de sa mère, qui le regarde avec un sourire que lui envieraient les anges, s'ils avaient encore quelque chose à envier8. » Aucune euthanasie ne saurait abuser l'instinct de la nature : notre salut n'est pas recelé dans le mystère des sanctuaires, pour quelques

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