‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 93 sur 505 · v. 86 ss.. A. II · texte numérisé non relu

v. 86 ss.. A. II

CHEZ BODMER 101

priviligiés, ni dissimulé dans les nuées; il apparaît à tous les yeux qui s'ouvrent \

C'est ainsi que cette morale d'outre-tombe, en dépit de son accent voilé et désabusé, ne fait que confirmer le carpe Hem. des Épîtres, tout en lui donnant un accompagnement de mysticité. Elle réserve pour les heures d'affliction et d'angoisse la réconfortante confidence de l'au-delà, bien que « la patrie de l'amour » soit ici, et que la vie soit notre seul gage d'éternité. Si dégradée qu'elle apparaisse dans la transfiguration, elle est encore l'unique raison de survivre. A l'effet de la réhabiliter, Wieland a montré, dans la neuvième lettre, que la chute dont le christianisme a endeuillé notre existence, n'était rien moins que fatale, que l'humanité pouvait ignorer le péché et jouir de son Paradis terrestre '-. Ne dépendrait-il pas de nous de le restaurer par une euthanasie fictive?

C'était assez pour dérouter les dévots, et inquiéter le clergé zurichois3, alors que Spalding, et d'autres théologiens rationalistes, ne désapprouvaient pas l'esprit profane de cette prédication allégorique 4, devant laquelle le bon Sulzer restait tout interdit 5. Si H aller montrait de la réserve dans le journal de Gôttingen, Lessing, dans celui de Voss, signalait ironiquement la « surprenante nouveauté de ces nouvelles du ciel » 6. L'ouvrage aurait été peut-être

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