A II, p
i. Messias, Ch. IV, v. 619-889. Klopstock avait lu cet épisode au cours de son l'vursion sur le lac de Zurich. Dans la forme de 1751, il était plus pathétique que dans l'édition de 1755. (Cf. Hamf.l, introduction à la Messiade. p. clvi.) Le Fragment de W., Cidli ou Cidli und Lazarus ne figure pas dans les Poetische Werke, pas plus que la Mort de Rachel. Il aurait été composé d'après Seuffert seulement en 1754. 11 semble appartenir à l'année précédente, étant annoncé dans le ( 'artel en sept. 1753.
CHEZ BODMER
d'une mère désolée: quelle situation aurait touché davantage le fiancé désespéré? Par complaisance pour le puritanisme de Bodmer, Wieland s'emploie cependant à détourner vers le ciel la passion malheureuse, à transfigurer l'amour en détachement spirituel. Lui qui, l'année précédente, avait partagé l'ardeur deVélégie tibullique, croit devoir apaiser les regrets de Lazare par la suavité d'un lien platonique : « Que perds-tu? lui demande Cidli : les baisers de lèvres brûlantes, l'étreinte de bras caressants? Que seraient les plus doux baisers que je pourrais te donner après la béatitude que tu as éprouvée? J » Us n'ont pas à se plaindre, ces deux amants qui goûtent par anticipation la félicité « d'âmes vêtues de lumière aux champs élyséens ». Décernant à Wieland son prix de vertu, Kûnzli lui conseille de ne pas user de ce remède avec une Cidli qui ne serait pas déjà ressuscitée: «Gare, gare, mon cher Wieland!2 » Mais Kûnzli ne savait pas que son jeune ami avait, lui aussi, enterré son espoir de bonheur, et que sa fiancée n'était plus pour lui qu'une ombre prête à s'évanouir. « Ainsi qu'un fantôme de brume automnale, ainsi qu'un reflet de lune à travers les branches, flotte dans le lointain l'image de Séréna, l'ombre de mon amour », écrit Wieland bientôt dans une ode 3. Sa nostalgie se berce, comme à Tubingen, d'évocations funèbres et de mélancolie nocturne : « Qu'il me soit permis de regarder vers le passé au cours de mes nuits solitaires et sans sommeil ! 4 » Dans la quiétude du Sonnenberg, devant le miroir du lac où se réfléchit la grande paix des cimes, son imagination fuyait dans les brouillards de Young.
Tout dormait autour de moi; un silence morne pesait sur le monde endormi : c'était comme le silence qui frissonnera à l'aube du jugement dernier... Les souffles de la nuit répondaient à mes soupirs. Ainsi que la clarté voilée d'un soleil moribond, la lune se montrait, insensible à ma plainte. Car l'espoir qui soutenait ma vie, mille espoirs de bonheur,