mars 1755 (Hirzel, o. c, p
3. Ode : Heil dem glùcklichen Tag... (juin 1754), à l'occasion du mariage de Schinz (A II, p. 235 s.).
4. Ode : Ailes schlief um mich her..., v. 125 ss. (A II, p. 199) (24 sept. 17.r>:i). Même sentiment de résignation que dans Cidli (v. 93-104).
s'étaient évanouis... elle gisait devant moi, celle que j'avais tendrement aimée, et dont le doux regard m'encourageait à la vertu, comme si elle avait été mon ange gardien.
Que cet effacement suive ou annonce la séparation prévue, il se confond avec l'inspiration religieuse, ou plutôt la religiosité poétique des Hymnes et des Prières, qui d'ailleurs doivent leur origine à une incitation extérieure l.
Pour se mesurer avec l'auteur de la Messiade, Wieland s'est risqué à une Vision du Jugement dernier 2, comme s'il voulait prévenir l'exécution du finale projeté du grand poème chrétien, encore qu'il ne donne qu'une réplique à la vision du cinquième chant. Mais, autant qu'il s'attache à Milton et à Young, Wieland manque par trop de souffle et d'envergure pour une telle composition. Comment concevrait-il l'effroi provoqué par la divine colère et la destruction du monde? L'appel lancé par Uriel, l'archange solaire, à la terre endormie, s'étrangle de pitié, tandis que, sur les astres voisins, les séraphins en pleurs frémissent d'inquiétude pour leurs « frères mortels »3. Sur son trône de saphir, porté par les chérubins aux ailes d'or, le Christ préside, plus ému que courroucé, au défilé de la descendance d'Adam, tandis que Marie, suivie de Madeleine et de Salomé, la sœur de Lazare, tombe dans les bras de son aïeule Eve. Eloa proclame que l'homme a été créé bon et heureux, destiné à s'élever, par le sentiment de la beauté et sa
1. On craignait alors à Zurich que Klopstock ne pût achever la Messiade / ehnder, p. 514). Cf. ib., 510 s. et A. T.r., 1, p. L60 Sagen si.- mir doch. uns ans der Messiade werden soll, wenn sie Klopstock unvollendet zurùcklàsst? Soll si.- cine unvollendete Venus bleiben? Wo nient, wer soll sie ausl ilden? Wer i ann es? Und wenn es jemand konnte, wer wird es wollen. Denn es wàre eine kbare irbeit, wobei man schwerlich elwas anders als die schartsten l i il iken davon trûge. »
in <!, m Weltgerichte, peut-être de 175.'i; Ski ffert le date de 175i
! l» 64, et III, p. 50), d'après une indication du Tagebuch de Bodmer,
emble viser que la publication. La facture semble indiquer que
li travail a été abandonné avant son achèvement. Est-ce à lui qu'il est faii
dan i L i Bodmer du 23 nov. 1754 : l A. Br., I. p. lia). Il est inspiré
! l: le, où Jéhovah descend pour juger le Messie.
I l'autre pari . Bodmer savait que le jugement dernier devait terminer la Messiade.
(Cf. Hamel, éd. de la Messiade, dans Kurschner, p. i.i. mi ■ lxiii, alors qu'il
in réalité qu'une partie des chants XVI II et XIX si. us [orme d'une
I Vdam.) Wieland a pu s'inspirer aussi du Paradis perdu (Ch. \l et XII)
et d'un poème de Yoi nc : The last Day (1713).
; \ 30 ss. (A II, p. 238).
CHEZ BODMER 109
« haute raison », vers le trône de Dieu. De la planète consumée va surgir un monde régénéré, dans lequel le poète ne désespère pas de retrouver, à défaut de Séréna, son bon maître, « la harpe d'Elihu au bras » l. Pourtant, Wieland ne prend pas la peine d'achever sa vision. « La muse de Sion ne lui suffisait pas pour l'inspirer », constatait Bodmer 2. Nicolaï avait-il tort de mettre en garde contre l'imitation de la Messiade? 3
En revanche, le génie spéculatif de Wieland espère l'emporter par son envolée dans Trois Hymnes 4, qui prétendent s'élever jusqu'à l'être suprême, que ce soit par la raison, par l'intuition du cœur ou le spectacle de l'univers. Entre l'hommage au Père des esprits, et celui au Rédempteur, se place l'hommage à la Nature. C'est d'abord l'imagination qui, plus audacieusement que celle de Young5, pour qui la religion est fille de l'astronomie, s'élance dans les cieux, à la recherche de Dieu. Sans s'arrêter à la déesse Nature, qui dans sa majesté pythagoricienne, trône audessus des mondes qu'elle anime, mais qui ne saurait « satisfaire le plus haut désir de l'âme », elle dépasse également les « Idées éternelles », qui, dans la nuit incréée et dans un silence de mort, contemplent la vérité, en poursuivant son essor vers sa source première. Mais il lui faut se convaincre qu'elle ne la trouvera pas dans Tespace infini; elle apprend « que plus sûrement qu'en gravissant les sphères, l'amour y conduit par la voie de la sagesse »6. Dans le silence sacré, la conscience entend son créateur. Il suffit que se dissipe l'illusion, « le brouillard chatoyant de la sensibilité », Bunsï que la vaine science 7.