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TRÉGUIER EN BRETAGNE

Test un aimable pays, ce Trcguier; une jolie petite ville de la bonne Bretagne, bien assise sur sa colline, les pieds dans sa rivière salée, qui lui fait un petit port au milieu des terres, et qui lui apporte le bon air marin sans Tempêcher d'avoir de beaux arbres. Il y a des endroits où Ton peut prendre un bain de mer sous Tombrage des châtaigniers, et même assis dans les branches. D'un côté la campagne verte, de l'autre la mer ; les côtes déchirées ne sont pas loin, les vallons joyeux sont tout près. Pays de chasse, pays de légendes, pays de braves gens. Il y a une belle vieille cathédrale, un beau vieux cloître assez bien conservé. Le peuple se souvient de saint Yves, patron des pauvres, qui vécut ici, où il fut curé, et fit plusieurs miracles ; on se souvient aussi de l'apôtre saint Tugdual. évêque. Yves et Tugdual sont les noms que l'on donne de préférence aux garçons.

Sans doute, ce que Ton remarque ici, comme dans toutes nos petites villes, c'est la décadence. L'art et la sainteté

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dal<^nl de l'ancien lemps. Les ouvrages modernes sont un peiil pont de fil de fer et les quais : ce n'est pas beau ; les maisons neuves ne sont pas belles; les estaminets, où Ton lit \q Siècle^ ne sont ni des lieux salubres ni des lieux saints. Néanmoins cette décadence est encore aimable et ne paraît point sans remède. On prêche en breton; il y a lieu d'espérer.

En somme, à l'heure qu'il est, toute la vie intellectuelle, civile et même politique de cette petite ville de trois mille âmes, décapitée de son évêque et de son chapitre, repose encore sur l'Église. Elle a un collège parce que ce collège est un séminaire; des prêtres peuvent seuls tenir au régime que les professeurs sont obligés de sMmposer pour former des hommes à si bas prix. Elle a un hôpital, parce que cet hôpital, fondé par la religion, est tenu par des religieuses : grâce à leurs bons soins, un revenu de dix mille francs suffit chaque année à quatre-vingts ou cent indigents et malades. Les enfants du peuple sont enseignés gratuitement depuis la salle d'asile jusqu'à la première communion, parce qu'il y a des Frères et des Sœurs pour ce service. Les monuments tomberaient s'ils n'étaient pas entretenus par lii religion qui les a élevés.

Et ce centre religieux, maintenu là, échauffe des hommes de cœur qui se vouent au bien, nouvelles sources ouvertes pour les besoins des pauvres ; et ces hommes voués au bien tirent de leurs services une influence qui conserve tout le pays dans la voie du bien; et ainsi vit le monde, par un travail que son ingratitude peut maudire» mais ne peut décourager.

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