‹ Ça et làChapitre 23 sur 46 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

LJL CAMPAGNS, L.A MUSIQUS BT L.A MBR

• ÉPÀKT.

Liberté! ma pensée et mon âme sont Tasses; Onze mois de pavé, de journaux, de marchands! J'ai besoin d*un aitre air : viens et m'ouvre les champs. Et les bois, et la lande, et les calmes espaces !

Je vais donc revoir l'herbe cl les chaumes lourhanUi, Les clochers ("Manc^s, les maisonnettes basses, Les roseaux dans Teau pure!... 0 liberté, tu passes Avec ce vent léger sur les arbres penchants!

Voici, bien loin du luxe aux sourdes amertumes, Voici les bonnes {,'e:is et les bonnes coutumes; Voici les seuils fleuris bâtis par les aïeux.

0 biens, plus doux encorcent fois qu'ils ne promettent!

0 silence, ô loisir! ô spectacles qui mellenl

Des cliansons dans le cœur, des larmes dans les yeux !

Ll GIATlAt RiriOULB»

Je la connais, la Haute-T^oche, Et vos appels sont superflus ; Je la connais, je n'irai plus.

Une fois suffit, — sans rep.oche.

J'en ai vu le maussade aspect.

Le dehors nu, le dedans somDre,

Le jardin sans fleurs et sans ombre, L.* pré brûlé, l'étang à sec.

La nuit, voire affreux chiec de gardo A poussé d'affreux hurlements :

On devine ses senlimenls Rien qu'à son poil en hallebarde.

Comme ce chien, comme les murs, Vos gens ont la mine farouche ; Les mots sont rares en leur bouchd Vutant qu'au verger les fruits mûrs.

J'ai vu le salon amarante.

Kl le fauteuil au dos pelé, Où tant d'ennui s'est installé Qu'on l'a nommé fUn des Quarante

Sur la pendule, las de lui.

Le Temps traîne sa faux arquée;

Celle pendule détraquée

Vingt fois par jour sonne minuit

Dans un fourreau de toile verte La harpe, hélas ! dort en un coin.

Btiittre piano, fier, au loin Jeile du son à table ouverte.

Il règne en ce cruel salon

Sous des mains tout à l'heure anciennes}

Je le sais! Il a fait des siennes

Un certain soir... Ce soir fut long!

7S LA campaghk,

J'ai compté, dans les couloirs tristes.

Les portraits lithographies

06 s'étalent, déifiés,

ViD(^ de DOS plus grands pianistes.

J'ai vu les livres, — j'en ai froid! — Qu'on attelle au poids des soirées :

Les heures lourdes sont tirées Par Ponson, Ponsard et Ponroyl

J'ai vu le jouma! sans fl^re

Où Larme-à-l'œil, pour en finir,

Dit qu'il ignore l'avenir...

Et que c'est là ce qu'il augure!

J'ai fait bien plus : j'ai conversé Avec les grands do voisinage!

Monsieur le maire, en son ramage, Est un oiseau trop exercé :

Une heure au moins, sans rien rabtttri. Il a tiré de son cerveau €e qu'il savait de plus nouveai Sur Janin et sur Henri Quatre.

Monsieur le marquis des Cottrets Est grand chasseur. Sa maigre Hedwige Dit tendrement : « Dieux ! que ne suis-je « Assise à l'ombre des forêts? b

A force d'empois et da serge Elle atteint l'idéal du rond :

La crinoline en potiron

A pu transformer cette asperge.

Mademoiselle Corniquei Traîne quarante ans d'innocence; Cette vestale a tort, je pense.

De battre toujours le briquet.

Êtes-vous tout à fait charmée Quand madame d'Escarba^as Conte l'un et Tautra Dumas?

Moi, j'aimerais mieux la Ramée^.

Mais, pour savoir tous mes ennuis.

Ecoutez de franches paroles :

Château, voisins et barctrolles.

Ce n'est pas là ce que je fuis.

Hélas! ce séjour (Tépouvante, Je ne l'ai trouvé que trop doux!

Sans cesse il me parlait de vom.

Il était plein de vous absente.

Je ne sais quoi, de tous côtés.

Me chantait : « Nous l'avons connue!

« Elle reviendra, sa venue • Fleurirt nos aridités.

« Je verdirai, » disait la plaina.

Et le jardin : « J'aurai des fleurs! • Et le vent : a Je viendrai d'ailleurs, « Ou j'adoucirai mou haleine. »

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