CANTIQUE
L'homme , pèlerin sur la terre , Se plaint d'y reposer trop peu ; Pour moi , dans ce voyage austère , Je n'accuserai pas mon Dieu.
Oubliant le terme céleste , Je dormais d'un sommeil funeste; ,
Dieu m'éveilla.
Sa main me montrait la carrière , Je voyais clair à sa lumière:
Alléluia!
Bientôt le chemin devint rude :
0 froides nuits 1 ô sombres jours !
J'avançai sans inquiétude , Et mon âme espéra toujours.
La foudre a grondé sur ma tête ; Dieu se fit voir dans la tempête ,
Le ciel brilla.
J'ai trouvé dans toute contrée De r^au pour ma lèvre altérée :
Alléluia!
Sur les montagnes les phis hautes J'ai rencontré de doux abris; Au désert j'ai trouvé des hôtes; J'ai vu des 'fleurs dans les débris.
Souvent trop prompt ou trop timide, Je crus avoir perdu mon guide ;
Il était là.
Courbé sous la chaleur pesante , Je sentais sa main bienfaisante :
Alléluia!
Je n'ai pas la faveur du monde , Je ne suis pas un de ses rois ; Mais ailleurs mon bonheur se fonde Jésus-Christ m'a donné sa croix.
Je la porte et je la révère 1 Si parfois, sous oe poids téTère,
Mon oanir plia, Jésus, redoublant de tendreMe, M'a fait rougir de ma faibleisê t
Alléluia!
La mort a traversé ma vole,
Me frappant au cœur sans retour ; -
Elle m'a pris toute ma joie ,
Mais j'ai gardé tout mon amour.
J'avais une fille chérie :
Le ciel pour la cour de Marie
Me l'envia.
Dieu , qu'il soit béni 1 de la tombe Fit un nid sûr pour ma colombe :
Alléluia!
Tu brilles au ciel, mon étoile I Chaste flambeau du sombre azur, De la nuit tu perces le voile , Et tu fais mon chemin plus sûr.
Ta tombe germe l'espérance :
Je sais pourquoi par la souflfrance
Dieu me lia; Je sais le secret de la vie, Je sais que la mort nous délie :
Alléluia!