‹ Ça!...et le resteChapitre 41 sur 60 · L'AME ERRANTE · texte numérisé non relu

L'AME ERRANTE

Il était une fois une âme, Ame d'enfant, d'homme ou de femme, Qui, plus subtile qu'une flamme, Passait son temps à voltiger.

Et la pauvre âme solitaire, Le jour, la nuit, avec mystère, D'un vol pressé rasant la terre, Cherchait un corps où se loger.

Il était, à la même époque, Un corps bizarre, un corps baroque, Un d'entre ceux-là que disloque La folie, en les effleurant.

Et depuis la fatale atteinte, Ainsi qu'une lanterne éteinte, Ce corps, sans pousser une plainte, Dans sa torpeur allait errant.

Or, pendant sa course rapide, Sur le chemin du corps stupide Un jour passa l'âme limpide Et l'àme se dit : « Entrons là ! »

Mais elle était à peine entrée Que par sa lumière nacrée La lanterne fut éclairée Et soudain le corps s'éveilla !

Il pense, à présent, et sa vie A la pensée est asservie, C'est sa tranquillité ravie, C'est le baptême du malheur, Car l'âme, cet oiseau de prcie, L'enlace, le serre, le broie; Son être entier plonge et se noie Dans la coupe de la douleur!

Si bien que, las de sa souffrance, Dans un jour de désespérance, Pour conquérir sa délivrance Le corps se tue avec gaîté!...

Et pendant qu'à travers le monde L'âme, petite lueur blonde, Reprend sa course vagabonde, Lui. reprend sa tranquillité.

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