‹ CabanisChapitre 4 sur 13 · HELVÉTIUS · texte numérisé non relu

HELVÉTIUS

D'après le portrait de Drouais

analo-

affections, susceptibles de toutes les déterminations analo gues aux phénomènes extérieurs, ou plutôt dont les faits apparents de la vie ne font que manifester au dehors les dispositions secrètes et représenter en quelque sorte les opérations >>. On sait quelle place la psychologie contemporaine a faite à cette activité spontanée du système nerveux, à ces décharges nerveuses, principalement dans l'interprétation de la mimique des émotions. C'est par là que Cabanis explique encore le sommeil, qui, selon lui, n'est nullement une fonction passive, mais une véritable action; théorie qui, après un long abandon, a retrouvé des défenseurs parmi les savants d'aujourd'hui, chez M. Claparède et chez M. Pierre Janet.

La découverte des sensations internes en entraînait immédiatement deux autres, une nouvelle conception de l'inconscient, et une nouvelle idée de la personnalité.

Descartes avait défini l'âme par la pensée, c'est-à-dire par la conscience, et il excluait par sa définition même toute recherche sur les faits psychologiques qui n'auraient pas été doués de f cette propriété; aussi, s'était-il trouvé parfois fort embarrassé et avait-il dû user de subterfuges pour expliquer certains phénomènes d'automatisme; la théorie des petites perceptions de Leibnitz, si elle témoignait d'un souci plus vif de l'observation, éludait le problème plutôt qu'elle n'y répondait. Cabanis, non plus, ne nous a pas apporté la solution ; il faut bien dire que cent ans après lui, nous l'attendons encore. Mais il a eu le mérite de reconnaître franchement qu'il y avait des phénomènes, nettement différents des faits physiologiques, en ce qu'ils présentent les caractères de l'organisation et de la coordination, phénomènes qui ne font point cependant partie de la conscience du << moi. » « La conscience n'est pas le caractère exclusif et distinctif de la sensibilité (i). >> Il peut y avoir « sensibilité sans sensation, c'est-à-dire sans impressions perçues ». Il y a des « mouvements organiques coordonnés déterminés par des impressions dont l'individu n'a nullement la conscience, et qui, le plus souvent, se dérobent eux-mêmes à son observation ». Ce n'est pas là une exception. Presque toutes les sensations internes sont des phénomènes de cet ordre. « Les

(1) Rapports, 500,

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impressions internes sont très souvent confuses et vagues, et l'animal n'en est alors averti que par des effets dont il ne démêle ou ne sent pas directement la liaison avec leur cause (i). » Il y a beaucoup de mouvements qui s'opèrent à l'insu de l'individu, sans sa volonté, et même contre la volonté, et néanmoins par l'influence de l'organe seneitif.

Nous ne pouvons plus admettre alors l'ancienne conception du « moi >> qu'on représentait comme une unité indivisible. « Il faut considérer le système nerveux comme susceptible de se diviser en plusieurs systèmes partiels inférieurs, qui tous ont leur centre de gravité, leur point de réaction particulier, où les impressions vont aboutir, et d'où partent des déterminations de mouvements. Peutêtre se forme-t-il dans chaque système et dans chaque centre une espèce de moi partiel, relatif aux impressions dont ce centre est le rendez-vous, et aux mouvements que son système détermine et dirige (2). » On comprendrait alors que le moi central ignorât les pensées et les volontés de ces moi secondairss. En tout cas, ce qu'il faut retenir, c'est qu'un grand nombre d'impressions sensibles restent étrangères à ce moi central. Cette théorie de l'inconscient et de l'automatisme est toute proche de celle qui a rendu célèbre, de nos jours, le nom de M. Pierre Janet.

Ainsi il y a pour Cabanis, à côté de l'expérience externe, une expérience interne, et à côté de l'action volontaire et raisonnée, un automatisme inconscient qui échappe au contrôle du moi.

Ce n'étaient là que les conséquences les moins importantes qui allaient suivre de la découverte des sensations internes. Pour bien saisir la portée de la révolution qu'allait accomplir Cabanis en psychologie, il faut encore nous tourner vers le passé et comparer son œuvre à celle de ses prédécesseurs, les cartésiens.

Les cartésiens avaient, à vrai dire, connu le sentiment et la passion. Mais ils considéraient que c'était là, dans la vie psychologique, un accessoire, un accident, un luxe. Même des phénomènes plus élevés, parce qu'ils ne relevaient pas de la pensée pure, de l'intellection, leur parais-

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saient secondaires et surérogatoires : ainsi la représentation sensible de l'étendue, l'imagination : « Elle n'est, disait Descartes, en aucune façon nécessaire à ma nature, ou à mon essence, c'est-à-dire à l'essence de mon esprit ; encore que je ne l'eusse point, il est sans doute que je demeurerais toujours le même que je suis maintenant (i). » Gassendi, non sans raison, a raillé Descartes en l'interpellant comme une âme séparée du corps. Il est certain qu'à vouloir réduire ainsi le monde psychologique au royaume des idées pures, on devait aboutir logiquement à deux conséquences qui se développeront chez les successeurs de Descartes, et qui semblent au premier abord contradictoires l'une avec l'autre : à enlever à l'esprit toute individualité et en même temps à l'isoler totalement du monde réel. Qu'est-ce en effet que l'idée séparée du sentiment et privée de tout élément affectif, si ce n'est la reproduction pure et simple du monde réel ? Et d'autre part, si l'on conçoit bien qu'un être humain agisse sur d'autres êtres, comment une idée abstraite peut-elle entrer en relations avec d'autres notions abstraites ? A ce point de vue, la psychologie cartésienne trouve son expression la plus parfaite dans le k ibnitzianisme. La monade n'est qu'un « miroir de l'univers (2) >>, ou un point de vue sur l'univers, et chaque substance est comme « un monde à part, indépendant de toute chose, hors de Dieu >> (3).

Il suit également de cette conception de l'âme, réduite à l'intellection, que l'individu ne change point de la naissance jusqu'à la mort, ou tout au moins re change qu'en apparence ; le monde intelligible où Malebranche promène ses interlocuteurs est immobile, et la monade de Leibnitz renferme dans sa propre notion tous les événements qui lui arriveront, avec toutes leurs circonstances et toute la suite des choses extérieures. (4) Elle ne fait, en vivant, que développer son essence. Il va sans dire également qu'on ne conçoit pas, dans ce système, une vie psychologique chez l'animal. Les bêtes sont pour Descartes et Malebranche des automates, parce qu'elles sont manifestement pri-

(1) Méditations, VI.

(2) Disc, de Met. IX.

(3) Ib. XIV.

(4) Ib. IX.

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vés de raison. La science cartésienne est la science de l'éternel. La psychologie cartésienne est exclusivement humaine (i).

Nous allons voir que sur tous ces points, Cabanis allait transformer la science de son temps.

S'il est vrai, en effet, que la perception du monde extérieur n'est pas le seul ni peut-être même l'élément principal de notre vie mentale, si d'une part les impressions confuses émanant des viscères, de l'autre, l'activité propre de la substance cérébrale contribuent à former nos idées et nos déterminations morales, on peut dire que « le physique et le moral se confondent à leur source, ou que pour mieux dire, le moral n'est que le physique considéré sous certains points de vue particuliers (2) ». « L'homme moral n'est lui-même qu'une partie (de l'homme physique) ou si l'on veut une autre face (3) ». Mais alors, il est clair qu'on ne peut plus ni séparer l'homme du monde où il vit, de son milieu, ni considérer l'homme en général, sans mettre de différence entre les individus, sans distinguer des périodes dans la vie de l'individu. En ces trois lignes tient toute l'œuvre de Cabanis.

Prenons donc l'homme à sa naissance ; remontons encore plus haut ; même à ce moment, il n'est pas la table rase qu'avaient imaginée les philosophes anciens, encore moins la fameuse statue que les analystes du xvme siècle avaient fait vivre et s'animer peu à peu ; déjà à ce moment, il porte en lui un tempérament, il a une physionomie morale, celle que lui ont donnée les générations qui l'ont précédé ; l'espèce humaine tout entière peut être considérée comme un seul individu susceptible d'éducation physique, et qu'une

(1) Il va sans dire que nous n'avons pas la prétention de donner en ces quelques lignes même un aperçu du mouvement d'idées cartésien. Ce serait d'autant plus absurde que ce mouvement a été très complexe, et que les individualités très fortes qui y ont collaboré ont plus d'une fois échappé elles-mêmes à leur propre système. C'est ainsi que le Traité des Passions ou de l'Homme nous offre un Descartes assez différent de celui des Méditations. L'auteur de la Monadologie, a, en dépit des apparences, gardé un sens très vif de la diversité des individus, et l'on sait qu'il n'adopte point les vues de Descartes en ce qui concerne la psychologie animale : il a même été un des précurseurs du mouvement évolutionniste du XIXe siècle. Mais, ces réserves faites, il nous semble avoir marqué d'une façon assez exacte les points les plus saillants de la doctrine, ceux qui constituent son originalité.

(3) Œuvres Complètes, I, 406.

hygiène intelligente pourrait perfectionner peu à peu (i). Pendant la vie fœtale, le inonde des sensations externes n'existe pas ou existe à psine, l'être vivant est borné aux seules impressions internes; Cabanis propose d'expliquer par elles la formation de l'instinct. L'époque de la naissance amène chez l'animal une transformation complète ; la respiration, les excitations du milieu extérieur vont donner à la vie morale un caractère nouveau. Mais qu'on ne s'imagine point que nous sommes d'abord et avant tout des êtres de raison. Nous commençons par agir, « sans nous être rendu compte des moyens que nous mettons en usage, sans nous être même fait une idée précise du but que nous voulons atteindre (2) ». La logique n'est point le fait de l'enfant. Et d'ailleurs combien d'hommes n'arrivent pas jusqu'à elle! L'homme est mené bien moins par des principes rigoureux qui demandent de la méditation pour être saisis sous toutes leurs faces, que par des objets imposants, des images frappantes, de grands spectacles, des émotions profondes (3). Il obéit bien plus à ses impressions qu'au raisonnement. Et ces impressions sont étroitement liées à la constitution même, au tempérament qu'il apporte en naissant. Cabanis reprend ici et développe en la corrigeant la vieille théorie des tempéraments des médecins anciens. Ainsi pour lui, la première tâche de la psychologie est d'étudier « l'état idéologique >> du fœtus et de l'enfant. Mais il ne prétend pas épuiser cette étude, car ce n'est pas là « un de ces sujets qu'on traite en passant (4) >>.

Au sortir de l'enfance, nous trouvons la grande crise de la puberté. Notre auteur ne veut point céder ici aux tentations littéraires : il se renferme volontairement « dans les bornes de la plus aride et de la plus froide exposition (5) ». D'où vient l'influence si remarquable des organes génitaux sur l'ensemble de l'organisme ? Comment se manifeste cette influence, physiologiquement et psychologiquement ? Cabanis ne néglige pour éclairer son sujet aucune des ressources que peuvent fournir l'observation ou l'expérimentation. C'est ainsi qu'on rapprochera la psychologie

(3) Œuvres Complètes, II, 451.

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de l'homme mutilé de celle de la femme, ei qu'on notera soigneusement les modifications qui surviennent chez celle-ci à l'époque de la ménopause, aussi bien qu'au moment des menstrues ou de la grossesse. Mais L'étude des instincts sexuels ou des instincts qui se rattachent aux fonctions sexuelles de l'amour maternel, par exemple, déborde la psychologie individuelle. Ces sentiments ont en effet pour but la conservation de l'espèce. Cabanis se refuse résolument à donner à ce fait une interprétation finaliste. La coordination des moyens et du but d'un instinct n'est pour lui que « la correspondance parfaite des facultés et des fonctions », correspondance qui n'a rien d'étonnant, puisque les unes et les autres « dépendent également de l'organisation ».

Nous avons jusqu'ici considéré l'homme sain. Mais l'étude des maladies n'est pas moins nécessaire, car « elles font ressortir beaucoup de phénomènes très difficiles à bien, apprécier sans cela, dévoilant plusieurs ressorts ou propriétés qui s'effacent, et disparaissent dans l'uniformité d'un état plus régulier et plus constant (i) ». D'ailleurs, n'est-ce pas la nature que nous étudions ? Or « la maladie est aussi de la nature, puisqu'elle résulte de ses lois et même en grande partie de celles qui sont établies pour la conservation de la santé (2) ». On comprend dès lors que nous devions essayer de démêler l'influence des maladies sur les idées et les déterminations morales. C'est peut-être là, dans toute la psycho-physiologie, le point «qu'il est le plus essentiel de mieux résoudre (3) ». Question importante en effet, car s'il est vrai que les rapports du physique et du moral soient aussi étroits que nous l'avons dit, nous devons penser « qu'on peut, en améliorant l'état physique, améliorer aussi la raison et les penchants des individus, perfectionner même à la longue les idées et les habitudes du genre humain (4) ». Au point de vue pratique, comme au point de vue théorique, l'étude de la pathologie mentale s'impose. Sans doute, il y a loin des considérations présentées par Cabanis dans ce court chapitre aux immenses travaux que

(1) Œuvres, I, 19.

(2) Œuvres, I, 23.

notre psychologie actuelle peut présenter : mais il n'en a pas moins été, sur ce point encore, un précurseur.

Enfin, s'il veut rester jusqu'au bout fidèle à sa méthode, le psychologue, devenu l'historien de l'homme, doit le conduire jusqu'au lit de mort. Il y a dans les Rapports une page assez curieuse sur l'état moral des mourants, dont la conclusion est voisine de celle que M. Metchnikoff a défendue dans un livre récent.

Mais ce n'est pas seulement l'âge, le sexe, ou la maladie qui agissent sur l'état moral de l'homme, c'est aussi le régime et le climat. Le régime est l'ensemble des habitudes physiques, soit que les circonstances les nécessitent, soit qu'elles aient été tracées par l'art, d'après des vues arbitraires, et qu'elles soient l'ouvrage du goût ou du choix des individus ; plus précisément le régime est l'usage journalier de l'air, des aliments, des boissons, de la veille, du sommeil et des divers travaux. Le climat doit comprendre « tous les objets importants propres à chaque sol, à chaque situation, toutes les qualités constantes et majeures par lesquelles ces objets peuvent affecter les sens et modifier la nature humaine (i) ». Autrement dit, ce terme embrasse d'une manière absolument générale l'ensemble des circonstances physiques attachées à chaque local. Entre le climat et le régime, il y a des rapports étroits, car le premier détermine dans une large mesure le second. L'un et l'autre influent également sur le moral. Ici, Cabanis continuait, après Montesquieu, Hippocrate et préparait Taine.

Ce serait donner une idée fausse de la psychologie de Cabanis que de ne pas indiquer en terminant cette étude un de ses caractères les plus importants, qu'il est assez difficile d'exprimer en un mot. Cabanis a eu à un degré très élevé le sentiment de l'unité de la vie psychologique, de la coordination des diverses fonctions les unes avec les autres, de l'interdépendance étroite, ou, comme il dit, de la sympathie des différentes parties de l'organisme humain. « L'homme est un ; tous les phénomènes qui font partie de son existence se rapportent les uns aux autres et il s'établit entre eux des relations qui tantôt leur donnent plus

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d'intensité, tantôt les modifient, les compensent mutin 1lement ou même les dénaturent d'une manière absolue: (l).fr Encore ici, Cabanis est fidèle disciple d'Hippocrate dont il rappelle le mot sur l'homme : Tout y concourt, tout y cm pire, tout y consent : « Quand on étudie l'homme, il î;mt le considérer d'une vue générale et commune, qui embrase* comme dans un point unique et sous un seul regard, toutes les propriétés et toutes les opérations qui constituent son existence, afin de saisir leurs rapports mutuels e1 l'action simultanée dont résulte chacun des phénomènes qu'on veut soumettre à l'observation (2). >> Par ce sens qu'il a eu de la complexité des états psychologiques, Cabanis diffère profondément des analystes de l'école de Condillac. Pour nous exprimer en langage moderne, très moderne, il serait plutôt partisan d'une psychologie fonctionnelle que d'une psychologie structurale (3). Sur ce point-, il était tellement en avance sur ses contemporains qu'il faut attendre près d'un siècle pour lui trouver des continuateurs; il les trouvera dans le mouvement philosophique si important, qui a réuni à notre époque, à des titres divers, les James, les Bergson, les Pierre Janet.

De même que la physiologie conduit naturellement à la médecine, qui n'en est qu'une application, de même la psychologie très concrète de Cabanis trouve son achèvement et sa conclusion pratique dans un système de morale. Nous ne voulons pas insister longuement sur cette morale, qui mériterait pourtant une étude approfondie. Disons simplement qu'elle s'inspirait des principes généraux qui se dégagent pour l'auteur des Rapports de l'étude même des faits : la liaison étroite du physique et du moral, la subordination du raisonnement au sentiment et à l'instinct, la solidarité qui unit entre eux les représentants de l'espèce humaine. Nous ne trouvons que l'esquisse de cette morale dans les ouvrages que nous possédons. Cabanis voulait la développer et l'exposer tout au long dans un livre qu'il considérait comme son œuvre capitale, et qui aurait eu pour titre : « Le perfectionnement de l'homme

(3) Sur cette distinction, cf. James, Les Energies Humaines (Revue de Phil., avril 1907).

physique >>. C'était « le monument qu'il croyait le plus propre à honorer et à illustrer sa mémoire ( i ) ». Il en avait au moment de sa mort « rassemblé toutes les idées principales » et probablement écrit d'importants fragments. Il est à regretter que ces fragments soient encore, à l'heure actuelle, inédits. A en juger par le peu que nous en connaissons, la morale de Cabanis était au moins aussi originale que sa psychologie.

Résumons-nous. Ce ne sont point à proprement parler des critiques qu'au cours de cette étude nous avons été conduit à formuler contre la psychologie antérieure à Cabanis et principalement contre la psychologie de Descartes. Car il est absurde de prétendre juger un auteur en l'isolant de son temps, en le séparant du milieu où il a vécu. Mais il est utile, il est nécessaire, il est légitime de marquer dans quelle mesure exacte son œuvre personnelle a servi l'œuvre collective de la science. Descartes n'est plus de notre temps par sa méthode trop exclusivement a priori, par la place trop grande qu'il laisse à l'idée abstraite, par son absence de sens historique. On peut dire très schématiquement que notre psychologie, prise dans son ensemble, diffère de la sienne par ces trois caractères : en ce qu'elle est positive, anti-intellectualiste, évolutionniste. Nous avons essayé de montrer que, s'il y a eu progrès sur ces trois points, le mérite de ce progrès revient, non peut-être exclusivement, mais au moins pour une large part, à Cabanis.

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